Tout ce qu’il faut savoir sur le Syndrome de l’Intestin Irritable

Si vous êtes arrivé sur cet article, c’est que vous pensez surement souffrir de ce syndrome qui touche de plus en plus de personnes partout dans le monde. On estime que la prévalence est de 5 à 10% dans les pays industrialisés.

 

Vous avez surement lu beaucoup à ce sujet mais persistez à vouloir trouver des réponses précises à votre problème.

 

Au risque de vous décevoir, vous ne pourrez pas savoir LA cause exacte de votre SII car il n’y en a pas. Ce syndrome est multifactoriel et se traduit par un ensemble de facteurs.

 

C’est d’ailleurs pour ça que pendant des années (et malheureusement c’est encore parfois vrai aujourd’hui), on disait que cette maladie était dans la tête des souffrants. Aujourd’hui, on sait que ce syndrome est réel, mais très difficile à diagnostiquer puisque l’ensemble des tests prescrits (prise de sang, coloscopie…) sont normaux. Le diagnostic du SII repose donc sur l’exclusion d’autres pathologies connues.

 

Pour en savoir plus sur les tests pouvant être réalisés, rendez-vous ici.

 

Vous vous dites ok, mais pourtant, je souffre !

Malheureusement il n’existe pas de médicaments pour soigner car on ne connait pas l’origine de cette affection, qui est pour rappel multifactorielle.

 

 

Ne perdez pas espoir néanmoins. Il est possible de limiter les symptômes grâce à des modifications du régime alimentaire, du mode de vie, de votre environnement…

 

 

Soigner une personne souffrant du SII est difficile. Il n’existe pas de pilule magique (bien que certains peuvent vous le faire croire). C’est du cas par cas.

 

Aussi, vous êtes l’acteur de votre rémission. Vous seul pouvez savoir quels aliments vous tolérez ou non, quelles situations vous stressent…

Dans cet article je vais énoncer les causes probables pouvant déclencher le SII puis des astuces pouvant vous soulager.

 

 

Mise en garde

Cet article est à visée informatif et ne remplace pas une consultation. L’autodiagnostic du SII peut être dangereuse car il faut avant tout écarter tout risque de maladies, d’infections ou de SIBO.

 

De plus il est courant d’avoir des problèmes digestifs sans pour autant souffrir du SII. Les douleurs abdominales doivent être récidivantes et chroniques, associées à une modification de texture et  fréquence des selles. 

 

Aussi, le diagnostic est basé sur un interrogatoire mené par un professionnel de santé et les critères de Rome IV.

 

Un test sanguin, le IBS check, disponible aux USA, mesure les anticorps répondant à la toxine CDT. Cette toxine altère le fonctionnement du CMM (complexe moteur migrant, véritable agent de nettoyage de nos intestins, cf guide). Ce test permettrait de diagnostiquer le SII, mais ne fonctionne pas en cas de SII post infectieux.

 

 

Commençons par les bases : Qu’est-ce le SII ?

Le Syndrome de l’intestin irritable est une pathologie chronique qui associe douleurs abdominales, inconfort digestif  et troubles du transit pouvant être une constipation, une diarrhée ou les deux.

 

Les symptômes et douleurs sont multiples: il n’existe pas un mais des syndromes de l’intestin irritable.

 

 

Différence entre SII et MICI

A l’instar des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin, le SII n’est pas détectable en radio,  en coloscopie, en scanner ou prise de sang car il n’y a pas de lésions visibles. C’est pourquoi le syndrome de l’intestin irritable n’est pas considéré comme une maladie, mais un ensemble de symptômes.

 

Les causes

  • Troubles de la motricité intestinale

On retrouve une hyperactivité motrice chez des patients atteints de diarrhée souvent aggravée par l’alimentation et le stress. A l’inverse, chez les personnes souffrant de constipation, les mouvements intestinaux sont trop rares.

 

Ces anomalies de la motricité favorisent la rétention des gaz digestifs,  pouvant  causer douleurs et ballonnements. Aussi, il est nécessaire d’agir sur les troubles du transit afin de diminuer les douleurs.

 

 

  • Hypersensibilité viscérale

Plus de la moitié des personnes souffrant du SII présenteraient une hypersensibilité digestive. On a pu déterminer ce facteur  grâce à une étude. Un ballonnet (petit ballon que l’on gonfle) a été inséré dans la partie terminale du colon. Plus de la moitié des personnes souffrant de SII ont perçu une douleur alors que seulement 6% des sujets « sains » ont ressenti le volume de distension comme douloureux.

 

 

Mais pourquoi suis-je hypersensible ?!

 

 

On distingue deux mécanismes responsables de cette hypersensibilité :

  • Des médiateurs comme la sérotonine pourraient anormalement stimulés les neurones présents dans la paroi digestive et diminuer leur seuil de sensibilité.

 

  • Hyperexcitabilité neuronale au niveau de la moelle épinière : un message nerveux d’intensité normale pourrait être amplifié et perçu de façon consciente comme douloureux

 

 

  • Augmentation de la perméabilité intestinale

Nos intestins sont naturelles perméables afin d’absorber les nutriments. En revanche lorsque nos intestins deviennent une vraie passoire, les problèmes apparaissent !

 

 

Pourquoi les intestins deviennent plus perméables ?

 

 

Retrouvez l’article dédié à l’hyper-perméabilité intestinale ici.

 

Pour faire simple les parois vont devenir plus perméables à cause du stress, d’agressions médicamenteuses, d’infections, d’une alimentation trop riche en lipides et aliments ultra-transformés, de l’usage excessif d’antibiotiques etc..

 

 

 

 

Les protéines, les bactéries et les toxines produites par certaines espèces, peuvent alors traverser la paroi et déclencher une réaction du système immunitaire menant à l’inflammation. La réaction immunitaire fait appel à des cellules spécifiques qui vont entre autre, libérer des médiateurs provoquant une sensibilisation des neurones de la paroi. Sachez que 70% de nos cellules de l’immunité de trouvent dans notre ventre.

 

 

  • Perturbation du microbiote

Des modifications du microbiote pourraient induire des troubles de la motricité intestinale mais aussi favoriser une hypersensibilité.

 

Une personne peut développer un SII suite à une infection telle qu’une gastro-entérique. Cette forme de SII, appelée SII post-infectieux représente 20% des SII. Plus l’infection est longue et sévère, plus le risque de développer le SII est augmenté.

 

Je vous invite à lire mon article sur le microbiote afin de mieux comprendre comment celui-fonctionne.

 

Ces différences de composition du microbiote pourraient expliquer la mauvaise tolérance d’une alimentation riche en fibres insolubles. On comprend donc l’intérêt des probiotiques et prébiotiques.

 

Il a été montré que les personnes souffrant du SII ont toutes un microbiote moins diversifié qu’une personne sans symptômes.

 

  • Manque d’acidité gastrique

Je vous invite à lire l’article complet à ce sujet.

 

NB: Il est fréquent de voir une personne contracter le syndrome de l’intestin irritable suite à un choc émotionnel couplé à une gastro-entérite ou autre infection.

Facteurs pouvant favoriser l’apparition des symptômes :

  • Air: on a pu remarquer que les fumeurs ont un risque plus élevé de développer un SII

 

  • Hygiène. Nous vivons dans un environnement de plus en plus aseptisé, l’utilisation d’antibiotiques est courante et de plus en plus de naissances se font par césarienne  et les femmes allaient moins. Ces facteurs ont une influence plutôt négative, et ce, dès la naissance. Or, les premières années de vie seront décisives dans la composition microbienne.

 

  • L’alimentation. Les « mauvaises » graisses et surtout le manque d’oméga-3 et de fibres, le sucre raffiné et le surplus de protéines animale contribuent à appauvrir notre microbiote.

 

  • Médicaments: contraception orale, l’isotrétinoïne (traitement contre l’acné), antibiotiques…

 

  • Mauvaise gestion des émotions. Notre cerveau est en communication permanente avec nos intestins, qui est d’ailleurs appelé deuxième cerveau. Le stress, un choc émotionnel ou autre émotions négatives contribuent à l’aggravation des symptômes. Bien que l’aspect émotionnel soit important, il ne peut à lui seul, expliquer le SII.

 

 

Traitements

Les traitements sont souvent partiellement efficaces. Ils ont pour but d’améliorer le transit, atténuer les ballonnements, moduler le microbiote et diminuer l’hypersensibilité viscérale. On retrouve : laxatifs, antispasmodiques, antibiotiques, probiotiques, antidépresseurs.

 

Des antidépresseurs ?

Et oui, voilà encore une fois une preuve de la communication cerveau/ intestin. On a remarqué que les personnes souffrant d’une dépression présentent des anomalies de la sensibilité des neurones situés dans la paroi intestinale. La sérotonine est un neurotransmitteurs responsable du sentiment de bien-être, et 90% produit dans nos intestins. Les traitements de la dépression agissant sur la sérotonine pourraient avoir un effet direct positif sur cette hypersensibilité.

 

Attends une seconde, tu me dis que les antibiotiques détruisent aussi les bonnes bactéries et sont vu comme une agression, et maintenant tu me dis qu’ils peuvent être utilisé comme traitement ?!

 

Tout d’abord, je suis pour la prescription d’antibiotiques lorsque cela est indispensable. Les antibiotiques peuvent être une solution dans les cas de SIBO (Small Intestinal Bacteria Overgrowth), c’est  à dire lorsqu’il y a une surabondance anormale de bactérie dans l’intestin grêle. Ces bactéries peuvent s’y loger lors de la présence de diverticules (petites hernies dans la paroi intestinale) qui favorisent leur prolifération.

 

La prise en charge du SII doit être holistique. Elle doit combiner les médecines douces et conventionnelle. Les thérapies cognitives et comportementales, la phytothérapie, l’acupuncture, l’hypnose… sont des techniques pouvant être proposées.

 

L’alimentation jouera un rôle primordial afin d’atténuer les symptômes et pour « reconstruire » un microbiote plus sain. Un régime pauvre en FODMAPs pourra être envisagé avec en parallèle, des compléments aidant à reconstruire la muqueuse intestinale.

 

 

Se soulager rapidement lors de crises

    • Ayez recours aux épices, herbes et huiles essentielles
    • Augmentez votre acidité gastrique
    • Supplémentation en certains minéraux (prescription), comme le magnésium. Ce minéral aide les muscles à se relâcher et peut diminuer les spams. De plus, il favorise l’attraction de l’eau dans les intestins, ce qui ramolli les selles. Une supplémentation de 200 à 300mg peut être envisagée (les prises doivent être fractionnées, et attention à l’effet laxatif).
    • Appliquer une source de chaleur. Une bouillote sur le ventre peut aider lors de crises. Les récepteurs à la chaleur sont « éteints » ce qui diminue également la sensibilité des récepteurs à la douleur.
    • En cas de constipation sévère, de simples habitudes peuvent avoir un effet positif. Je vous invite à lire mon article sur la constipation.
    • Eviter les aliments irritants pour le tube gastro-intestinal.
    • Relaxez-vous. Je sais, plus facile à dire qu’à faire mais le stress favorise les symptômes.

 

Alimentation & SII

L’alimentation n’est pas (la seule) responsable du SII, mais en cas de fermentation accrue, une modification de l’alimentation en diminuant la consommation de certains sucres « fermentescibles » tels que le fructose, les édulcorants de type sorbitol…) peut diminuer les symptômes.

 

Certains aliments peuvent favoriser les symptômes. 2/3 des patients affirment que leurs symptômes sont en relation avec leur alimentation et se déclarent le plus souvent dans les 3 heures suivant le repas. Les aliments les plus cités sont :

    • Crème et lait
    • Chou, oignon, pois, haricots
    • Epices fortes
    • Aliments frits
    • L’alcool
    • Café

 

J’entends souvent dire : On me dit que consommer des fibres est bon pour la santé, mais cela me donne des ballonnements.

 

Les légumes et les fruits sont souvent mal tolérés car ils contiennent des fibres qui sont irritables. Pourtant, ils sont gorgés de minéraux et vitamines. Aussi, je conseille les jus. Dépourvus de leurs fibres, ils pourront être plus tolérés.

 

Attention, je parle de jus de légumes, pas de bombe à sucre que vous pouvez trouver en grandes surfaces.

 

Il est important de ne pas exclurent complètement les fibres de son alimentation, mais pour éviter trop de ballonnements, favoriser les fibres solubles qui sont mieux supportés que les fibres insolubles.

 

Attention aux régimes d’exclusion. Il peut être intéressant de diminuer voire supprimer temporairement les aliments fermentescibles (connu sous le régime FODMAPs), mais réintroduisez les petits à petit en petite quantité. Un professionnel de santé vous aidera dans la démarche.

 

Source: Monash University

Conseils alimentaires pratiques pour éviter les crises :

  • Prendre le temps de bien mâcher les aliments : cela facilite le travail de digestion de l’intestin
  • Manger dans un environnement calme, sans être stressé. L’intestin est notre deuxième cerveau : le stress peut rendre la digestion très difficile.
  • Eviter les aliments glacés qui provoquent spasmes et crampes.
  • Eviter tout ce qui peut causer des gaz : boire avec une paille, manger vite, mâcher du chewing gum et boire des sodas entre autres
  • Boire beaucoup d’eau tout au long de la journée mais entre les repas: entre 1,5 et 2 litres
  • Utiliser des casseroles anti adhésives et préférer les cuissons à la vapeur pour éviter l’ajout de matières grasses
  • Ajouter du son d’avoine ou du psyllium à vos plats pour augmenter l’apport en fibres solubles.

 

 

Activité physique et SII

Les effets bénéfiques de l’activité physique sur la santé sont bien connus. Concernant le SII, là aussi, bouger le plus possible et la pratique d’une activité physique peut diminuer les symptômes.

 

 

Lors de la pratique, le corps produits des endorphines, hormone qui boost l’humeur mais surtout qui agit comme un anti-douleur naturel.

 

De plus, l’activité physique contribue à la diminution de stress.

 

 

Pour finir

Ne vous ruiner pas en probiotique ou autre produits vendus comme miraculeux. Il faut d’abord éliminer une pathologie éventuelle, une infection, un SIBO ou un SIFO.

 

On ne peut pas guérir du SII, mais il possible de vivre avec et sans douleurs constante. L’importance est de comprendre ce qui favorise les symptômes, puis mettre en place des actions concrètes possibles et durable. Exclure des dizaines d’aliments de votre alimentation, prendre des antispasmodiques quotidiennement, arrêter toute activité à cause de la douleur ne sont pas des solutions durables.

 

Si vous souhaitez être accompagné, je vous invite à consulter cette page.

 

 

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Pour aller plus loin

Quelques livres (parmi tant d’autres):

  • L’intestin, notre deuxième cerveau, Pr Francisca Joly Gomez. 2014
  • Beat your IBS in 7 simple steps, Paul Jenner
  • A fleur de pet, Dora Moutot (sur le SIBO)

 

Une étude particulièrement complète: Ian Rowland et at, 2018. Gut microbiota functions: metabolism of nutrients and other food components. Eur J Nutr; 57 (1): 1-24

 

 

De nombreux groupes Facebook peuvent également vous soutenir. Une véritable communauté excite sur le web, mais souvenez-vous que vous êtes unique et que votre SII l’est aussi. Consultez!

 

 

 

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