Small Intestinal Bacterial Overgrowth, ou SIBO pour les intimes

Etes-vous ballonnée, particulièrement après les repas? Avez-vous des flatulences ?

Est-ce que les aliments riches en graisses ou en sucres aggravent vos ballonnements ?

Avez-vous constaté une modification de votre transit ou de vos selles ?

Avez-vous parfois des reflux, des nausées ou pertes d’appétit… ?

Vous avez déjà peut être parlé de vos symptômes à votre médecin qui, suite à des tests, écarté l’éventualité d’une maladie cœliaque, de Crohn…

Vous souffrez peut-être de SIBO.

Ensemble, voyons un peu plus en détail ce symptôme dérangeant

 

On trouve le SIBO ou la SIBO faisant référence à la prolifération bactérienne dans l’intestin grêle. A ne pas confondre avec un SIFO (small intestinal fungus overgrowth), qui est une pullulation fongique, connue notamment sous le terme de Candidose, (même si l’un n’empêche pas l’autre).

 

Le SIBO

Il y a entre 10 000 à 10 millions de bactéries / mL* dans l’intestin grêle. Cela peut paraitre beaucoup, mais en réalité ce n’est qu’une goutte d’eau quand on sait que le côlon en abrite 10 à 10 000 milliards/mL* ! *micro-organisme vivants/ml (cfu colony-forming unit/ml).

La majorité de nos bactéries est donc concentrée dans notre gros intestin. Or, il arrive que des bactéries prolifèrent un peu plus haut dans le tube digestif, notamment dans l’intestin grêle. C’est ce que l’on appelle en anglais SIBO, soit prolifération bactérienne dans l’intestin grêle.

Ces bactéries colonisent le grêle, soit parce nos systèmes de défenses échoués, soit par « transfère » du gros intestin. Dans ce dernier cas, elles sont capables de rester et de proliférer car nos systèmes de défense ont échoués. La provenance des bactéries importe peu au final car dans tous les cas, il y a un problème de défense à la base.

Le SIBO n’est pas une maladie, car les bactéries ne sont pas pathogènes, mais juste au mauvais endroit. C’est ce que l’on appelle une dysbiose, un déséquilibre du microbiote. Il n’y a donc pas de « bonnes » ou « mauvaises » bactéries responsables du SIBO.

 

 

Pourquoi la prolifération de bactéries dans le grêle est-elle problématique ?

Des bactéries habitent dans l’intestin grêle, mais n’ont pas le même profil que celles du côlon. Divers mécanismes naturels permettent d’éviter la propagation des bactéries du colon vers le grêle : l’acidité gastrique, le péristaltisme intestinal et la valve iléo-caecale.

Si le nombre de bactéries croît dans le grêle, elles vont se nourrir des glucides présents. Cela induit une fermentation. Elles vont également réduire la capacité de nos cellules à absorber les nutriments et la bile.

Les bactéries trouvent dans le grêle un buffet à volonté ce qui favorise leur croissance. Elles vont pouvoir créer des biofilms sur la muqueuse. Les biofilms sont des amas de cellules bactériennes adhérents à une surface, et sécréteurs d’une matrice protectrice,  rendant les bactéries résistantes aux réponses immunitaires de notre corps et aux antibiotiques. Voyez les biofilms comme une forteresse. La non-élimination de ces biofilms lors du traitement du SIBO est souvent la cause des récidives.

 

 

Les bactéries installées dans l’intestin grêle vont produire leurs propres déchets qui vont agresser les villosités de la muqueuse et créer une hyperperméabilité intestinale.

 

 

L’hyperperméabilité intestinale engendre une réaction immunitaire inflammatoire, due notamment, aux lipopolysaccharides (LPS) se trouvant à la surface des bactéries. Ces endotoxines sont pro-inflammatoires et vont abimer davantage la muqueuse de l’intestin et perturber notre système immunitaire. Si l’inflammation devient chronique, cela aura des conséquences néfastes et importantes sur l’organisme.

 

Pourquoi le SIBO apparait ?

Certains médicaments et facteurs issus d’anomalies favorisent l’apparition du SIBO. Cette condition est souvent sont associée d’autres, telles que:

Anomalies anatomiques :

    • Maladie de Crohn, maladie cœliaque non diagnostiquée ou pas contrôlée ;
    • Diverticules
    • Chirurgies, telles qu’une restriction des intestins ou du côlon (ex : bypass)
    • Endométriose

 

Anomalies fonctionnelles :

    • La prise chronique d’inhibiteur à protons (médicament prescrit en cas de reflux, brûlures d’estomac)
    • Faible acidité gastrique (achlorydrie) souvent secondaire à la prise excessive d’IPP et/ou d’un stress chronique
    • Mouvement intestinaux lents, pouvant être dus à la prise de certains médicaments, au stress, à des toxines comme la CDT ou à du grignotage intempestif perturbant le complexe moteur migrant (en savoir plus en lisant l’article Inflammation, imperméabilité intestinale & dysbiose)
    • Dysfonctionnement de la valvule iléo-caecale (« petite porte » entre l’intestin grêle et le côlon).

 

Autres :

    • Prise de probiotiques alors que votre intestin grêle était déjà peuplé de trop de bactéries
    • Inflammation au niveau de la jonction entre l’intestin grêle et le côlon (iléite)
    • Production insuffisante d’enzymes digestive par le pancréas (insuffisance pancréatique)
    • Consommation régulière et excessive d’alcool
    • Insuffisance rénale terminale
    • Expositions fréquentes aux antibiotiques
    • Prise de contraceptifs hormonaux
    • Immunodéficience
    • Dysfonctionnement de la thyroïde
    • Post infectieux dont le microbiote ne retourne pas à la normale (généralement après une intoxication alimentaire). C’est l’une des causes les plus fréquentes, mais le microbiote est à l’origine fragile et peu résilient.

 

Notre digestion est permise grâce à trois éléments majeurs: la bile, les acides, et les enzymes pancréatiques. Ces éléments sont des antibiotiques naturels (tuent des pathogènes) et supportent le CMM. Si l’on prend des médicaments qui vont interagir avec l’un ou ces trois éléments, que l’on souffre de stress et/ou d’un manque de sommeil chroniques, les risques de développer un SIBO sont accrus.

 

Une bonne motilité, un feu digestif fort, un microbiote sain et diversifié, une consommation raisonnable et courte de certains médicaments (antibiotiques, IPP), un sommeil suffisant et de qualité, ainsi qu’une bonne gestion du stress, sont les meilleurs protecteurs face au SIBO.

 

Le SIBO est un symptôme souvent multifactoriel et lié à une autre condition. Il apparait quand un, ou plusieurs systèmes de défenses de l’organisme sont rompus. Aussi, si vous êtes diagnostiqué d’un SIBO, il est primordial de comprendre la cause.  

 

Quelles sont les manifestations ?

L’une des raisons pour lesquelles le SIBO reste largement sous-diagnostiqué est que ses symptômes ne sont pas spécifiques. Ils sont généralisés. Cela signifie qu’il existe des dizaines d’autres raisons, hormis le SIBO, pouvant induire ces symptômes. Si le SIBO est caché par d’autres diagnostics, vous aurez beau essayer de soigner les troubles induits, rien n’y fera: les symptômes persisteront.

Voici une liste (non exhaustive) des symptômes induits:

    • douleur abdominale
    • indigestion
    • dyspepsie
    • ballonnement
    • distension
    • reflux
    • constipation
    • diarrhée
    • alternance diarrhée/constipation
    • crampes
    • nausées
    • flatulence

Ces symptômes ressemblent beaucoup au SII. Or, la source du problème est bien différente. Le traitement le sera donc aussi.

Comme beaucoup de pathologies, les symptômes du SIBO ne se retreignent pas à l’intestin grêle, ni même au tube digestif. Vous pouvez expérimenter:

    • fatigue
    • brouillard mental
    • saut d’humeur
    • éruptions cutanées
    • insomnie
    • douleurs ostéo-articulaire
    • perte d’appétit

D’autres symptômes peuvent apparaitre lorsque votre SIBO est installé depuis un bon moment (des mois, voire des années)

    • déficit en fer, anémie
    • déficit en vitamine B
    • déficit en vitamines liposolubles (A, E, D, K)
    • stéatorrhée (selles graisseuses)
    • présence de mucus dans les selles
    • perte de poids inexpliquée
    • ostéopénie (perte de densité osseuse)
    • réponse immunitaire anormale

 

Les effets du SIBO

Peu importe l’origine de votre SIBO, les causes seront les mêmes :

Après les repas, votre intestin grêle est rempli de nutriments prêts à être absorbés dans la circulation sanguine. Mais c’est aussi le buffet pour vos bactéries. Lorsque ces bactéries digèrent, particulièrement les glucides, il y a fermentation. L’un des produits créés lors de cette fermentation sont les gaz qui contribuent à la désagréable sensation de ballonnements. L’intestin grêle est beaucoup plus étroit que le colon, ce qui rend la situation encore moins confortable.

 

 

Dans les cas les plus sévères, le SIBO interfère avec le système de réabsorption de la bile. Un excès de bile qui s’accumule provoque souvent des diarrhées graisseuses (stéatorrhée) car les graisses sont mal assimilées, ainsi que des déficiences en vitamines liposolubles (vitamines A et D particulièrement), qui ne sont, elles non plus, correctement absorbées.

 

A quoi ressemblent les ballonnements d’une SIBO ?

Les ballonnements sont souvent aggravés après les repas et sont donc liés au contenu de l’assiette.

Certains aliments sont donc à éviter le temps de trouver la cause, et  selon votre tolérance :

    • Les aliments gras
    • Les produits à base de blé: pain, pâte, pâtisseries, pizza
    • Les légumineuses qui fermentent ; pois chiches, la famille des haricots
    • Les légumes induisant une fermentation: brocoli, la famille des choux
    • Produits riches en fibres
    • Certains produits laitiers
    • Certains fruits

 

 

Cette liste est très large, aussi, beaucoup de personnes atteintes de SIBO ont l’impression que quoi qu’elles mangent, elles sont ballonnées. Notez les aliments qui vous font ballonner, et ceux que vous supportez mieux.

 

Lien entre SIBO et SII

Les symptômes entre le SII et le SIBO sont très similaires. Le SIBO n’est pas systématiquement présent en cas de SII mais la prévalence reste difficile à déterminer. Il est également difficile de savoir si le SIBO est davantage présent chez les personnes souffrantes du SII, ou si c’est le SIBO qui cause le SII.

Si vos ballonnements sont aléatoires et présents dès le matin, alors on penchera plus pour une dysbiose au niveau du côlon. En revanche, si vos ballonnements sont absents au réveil, s’accentuent au fil de la journée, pour terminer le soir en mode « ventre de femme enceinte », et qu’ils apparaissent dans les 30minutes suivant le repas, le SIBO devra être une piste à envisager.

 

Distinction entre deux types de bactéries

Le SIBO est une prolifération bactérienne. Bien souvent un type de bactéries se développe plus qu’un autre, induisant des symptômes différents. Il peut être intéressant de faire la distinction entre une SIBO causée par des bactéries productrices d’hydrogène ou de méthane. Deux autres gaz encore peu étudié pourraient représenter un SIBO: l’hydrogène sulfureux et le méthylacétate.

Les personnes hébergeant davantage de bactéries génératrices d’hydrogène sont en général plus sujettes à des épisodes de diarrhées. Les selles peuvent être plus orangées et collantes. Elles peuvent également laisser une sensation de grattage anal.

A l’inverse, les bactéries productrices de méthane, les archées, seront davantage trouvées chez les personnes sujettes à la constipation.

 

Dans les hôpitaux ce sont ces deux gaz qui sont principalement dosés. Seul le Dr Bruno Donatini, et les praticiens formés par ce dernier, mesurent les autres gaz. Ce docteur est très critiqué, et « il est encore difficile de savoir si sa méthode est véritablement utile ».

 

Comment savoir si vous avez un SIBO ?

Les symptômes du SIBO ressemblent à d’autres maladies digestives. Aussi, votre médecin pourra d’abord prescrire des tests pour éliminer les possibilités d’une maladie cœliaque, d’intolérance au lactose, d’une infection par le parasite  guiardia, d’une insuffisance pancréatique, ou encore une maladie de Crohn.

 

    • Tests respiratoires

Les plus communs et les moins invasifs. Une solution de sucre (glucose ou lactulose) est donnée à la personne, qui doit ensuite souffler pendant 3h dans un sac toutes les 20 min. Les taux d’hydrogène et de méthane (gaz uniquement produits par des bactéries) sont mesurés par une machine. Ces tests permettent également de savoir si le SIBO est causé par des bactéries productrices d’hydrogène ou de méthane. Selon la vitesse à laquelle les taux de gaz augmentent, votre médecin pourra déterminer à quel niveau se trouve la prolifération bactérienne.

En France, encore trop peu d’hôpitaux le proposent. Rapprochez-vous des hôpitaux dotés d’un service de gastro-entérologie couplé à un centre d’exploration fonctionnelle digestive (CHU de Lyon, Caen, Tours, Montpellier, Bobigny, Rennes).

Ces tests se préparent en amont. Bien souvent, cette préparation est zappée ou mal réalisée ce qui vient fausser les tests.

 

Si 90 min après la prise de lactulose il y a :

  • une augmentation de l’hydrogène de plus de 20ppm (partie par million)

et/ou

  • une augmentation du méthane de plus de 10ppm

Alors il y a pullulation bactérienne.

Il est important de doser ces deux gaz car les archées ne se nourrissent pas des nutriments des aliments ingérés, mais de l’hydrogène produit par les bactéries. Il en va de même pour les SRB (sulfur reducing bacteria). Ces bactéries se nourrissent d’hydrogène, et s’il  en a trop, elles produisent non plus du sulfure, mais de l’hydrogène sulfureux, donnant aux pets une odeur d’œuf pourri forte. Un test d’hydrogène négatif ne permet donc pas d’exclure un SIBO.

 

 

L’acuité de ces tests reste controversée car il n’y a pas de consensus sur les valeurs seuils donnant un résultat positif. De plus, un certains nombre de facteurs peuvent fausser les résultats, comme par exemple, le dernier repas prit avant le test, le stress, l’activité physique et si vous avez fumé avant. Mais aussi le pH du lumen ou le temps moyen du transit (un transit rapide peut mener a une augmentation de l’hydrogène prématuré lors du test et donc donné un résultat faussement négatif et vice-versa).

La sensibilité du test respiratoire au glucose serait de 63% et sa spécificité de 82%. La sensibilité du test respiratoire au lactulose serait elle de 52% et sa spécificité de 86%.

Pour rappel la sensibilité d’un test est sa capacité à donner un résultat positif lorsque l’hypothèse est vérifiée. Inversement, la spécificité d’un test est sa capacité à donner un résultat négatif lorsque l’hypothèse n’est pas vérifiée.

 

Les symptômes doivent être le guide pour le diagnostic et le traitement, non les résultats des tests respiratoires.

 

 

    • Culture de l’intestin grêle

Peu commun car extrêmement invasif et coûteux. Le principe : prendre un échantillon de fluide de votre intestin grêle et le mettre en culture, puis compter les bactéries présentes.

Ce test est peu pratiqué dû aux problèmes mentionnés ci-dessus. De plus le résultat du test peut être faussement négatif car l’échantillon ne reflète pas ce qui se passe au niveau de l’extrémité distale de l’intestin grêle (vers le gros intestin). En effet, l’échantillon est prélevé au niveau du duodénum (partie haute de l’intestin grêle).

 

Le SIBO ne peut pas être diagnostiqué par les prises de sang, ni des tests de selles, des coloscopies ou endoscopies, puisque ce n’est pas une inflammation propre de la muqueuse (sauf peut-être au niveau de la jonction en cas d’iléite).

 

 

    • L’essai d’antibiotiques

Certains praticiens choisissent de donner aux patients un cocktail d’antibiotiques et d’observer ensuite la réponse. Cette méthode présente de nombreux inconvénients: effets secondaires négatifs, encourage la surconsommation d’antibiotiques, n’est pas basé sur une approche standardisée…

 

*

 

 

Comment traiter le SIBO

Souvenez-vous bien que le SIBO est le symptôme de quelque chose d’autre Il faut donc identifier puis traiter l’origine de cet autre problème pour éliminer durablement le SIBO. Les médicaments favorisant le SIBO seront à éviter.

Traitements médicamenteux

Les antibiotiques seront efficaces, car leur but est de tuer les bactéries. Mais ils ne se contenteront pas de tuer uniquement les bactéries de l’intestin grêle. Aussi, votre flore sera durement touchée par ces bulldozers.

De plus, l’antibiotique devra avoir pour cible les bactéries présentent dans votre intestin (d’où l’utilité du test respiratoire), qui visera soit les productrice d’hydrogène, soit de méthane.

Rifaximine (Xifaxan) est l’antibiotique le plus prescrit car il induit moins d’effets secondaires. Il est peu absorbé, et va avoir moins d’impact sur les bactéries bénéfiques. Il est possible de prendre une forte dose durant une petite période, ou une plus faible dose pendant une période plus longue. L’inconvénient de la rifaximine reste son prix.

Remèdes allopathiques

Ces remèdes naturels sont souvent combinés aux traitements médicamenteux.

L’idée est de retrouver un péristaltisme normal et une acidité gastrique correcte, le tout en soulageant les symptômes et en tuant les bactéries et leurs biofilms. En voici quelques-uns:

    • L’ail et plus précisément principe actif : allicine. Des études in vitro ont montré que l’allicine est capable de tuer H.pylori, mais les études sur les humains restent peu convaincantes. L’allicine aurait des propriétés antibactériennes et antifongiques, mais son efficacité reste encore à démontrer.
    • La berbérine. Utilisé en médecine chinoise pour soulager la diarrhée et diminuer le taux de sucre dans le sang. Il n’a à ce jour aucuns bénéfices à prendre la berbérine selon les médecins en cas de SIBO. En revanche, la berbérine semble soulager certaines diarrhées non-infectieuses, et peut être prescrite pour les personnes souffrantes du SII.
    • Florastor˚: probiotique ne contenant pas de bactéries mais des levures dont Saccharomyces boulardii. Il y a de fortes évidences que florastor˚ soit bénéfique en cas de diarrhée, principalement chez les personnes souffrantes du SII. Il serait bénéfique aussi chez les personnes atteintes de SIBO, et ayant eu un traitement antibiotique.

Pour plus d’efficacité et pour éviter les rechutes, il est nécessaire de faire une rotation des produits contentant ces substances antimicrobiennes naturelles toutes les 4 semaines.

 

Les biofilms

Couplé à ces traitements, il faudra s’attaquer aux biofilms. Ces forteresses créées par les microbes sont difficiles à éradiquer. Ce sont eux qui sont à l’origine des 40% de rechutes post-traitements.

Les enzymes

Afin de donner un coup de pouce à votre feu digestif, des enzymes pourront être prises à chaque repas (après la phase d’attaque). Elles permettront de diminuer ballonnements, excès de gaz, et douleurs.

La muqueuse intestinale

Le SIBO, comme toute infection du tube digestif, crée une irritation et inflammation de la muqueuse intestinale. Il faudra donc réparer cette muqueuse doit dès le début, soit 7 jours après le début du traitement.

 

 

    • Régimes alimentaires

L’alimentation seule ne pourra pas soigner le SIBO, mais fait partie intégrante du protocole de traitement. Selon votre ressenti vous pourrez être capable de déterminer quels aliments empirent les ballonnements. En règle générale, les aliments cités plus haut sont à diminuer, particulièrement les aliments très gras car ils sont pauvrement absorbés.

 

Le régime pauvre en FODMAPS a prouvé son efficacité chez certains patients, ainsi que les régimes SCD (Specific carbohydrates diet) et GAPS. Le jeûne intermittent permet d’agir sur le CMM (expliqué dans mon ebook). Aussi, et uniquement si cela vous convient, pratiquer le jeûne intermittent pourra être bénéfique. L’elemental diet pourra être envisagé en cas d’échec. Très restrictif, il est réservé à des cas particuliers et ne doit pas durer plus de deux semaines.

 

La chose la plus importante à retenir à propos de la place qu’à l’alimentation dans le traitement du SIBO est: il n’existe pas de régime-type. Certains d’entre vous seront plus sensibles aux oxalates, à l’histamine ou aux salicylates. Aussi, le régime alimentaire doit être personnalisé.

 

Cependant, limiter/éliminer le sucre et le blé raffinés, ainsi que les produits en contenant, sera bénéfique à tous. Cela non seulement, aide au le traitement du SIBO, mais réduit également le risque de développer une maladie chronique. Votre glycémie sera plus stable et meilleur sera votre niveau d’énergie.

Laisser une pause digestive de 4h entre chaque repas permettra également à votre CMM de mieux fonctionner.

 

En bref:

La prise en charge est longue, et se déroule en 4 grandes étapes:

  1. Elimination de la surpopulation des bactéries et de leurs biofilms (8-12 semaines) grâce aux antibiotiques, herbes et remèdes naturels antibactériens + régime alimentaire adapté
  2. Réparation de la muqueuse, boost du feu digestif et du CMM. Des enzymes et autres compléments destinés à régénérer la muqueuse intestinale pourront être pris + régime alimentaire adapté
  3. Réintroduction de bonnes bactéries grâce à des probiotiques soiled based (facultatif) et un régime alimentaire adapté
  4. Phase de maintenance

Ces étapes sont importantes afin d‘anticiper les rechutes. 

A ne pas faire !

Ne suivez pas la mode du « problèmes digestifs ? Prenez des probiotiques ! » ! Ils ne feront qu’aggraver la situation en favorisant le développement des bactéries déjà présentent au mauvais endroit. En revanche, certains probiotiques sous forme de spores (soiled based) pourront être introduit après la phase d’attaque. Ils sont rares en France.  Demandez conseil à votre praticien.

 

*

Le régime pauvre en FODMAPs

Qu’est-ce que ce qui se cache derrière cet acronyme ?

Fermentescible,

Oligosaccharide, inclus les fructanes et les galacto- oligosaccharide (GOS),

Disaccharide, dont le célèbre lactose,

Monosaccharide dont le glucose et le fructose,

And,

Polyols, comme le sorbitol

Derrière ces mots un peu compliqués, il y a deux points à retenir :

  • Ce sont des sucres de combinaisons plus ou moins longues, c’est-à-dire que leur molécule est plus ou moins complexe.
  • Ils sont considérés comme des prébiotiques par leur richesse en fibres.

 

Tableau récapitulant les aliments riches en ces sucres fermentescibles

  Familles de glucides Aliments communs (non exhaustif)
Oligosaccharide Fructanes

 

Galacto-oligosaccharide (GOS)

 

Le blé, l’orge, oignons, poireaux, ail

 

Les légumineuses, soja non fermenté, légumes crucifères, betterave

 

Disaccharide Lactose Produits laitiers sauf fromage à pâte dures
Monosaccharide Fructose Certains fruits

Jus de fruits, miel, sirop d’agave, produits ultra-transformés

Polyols Tous ceux se terminant en –ol : sorbitol, mannitol, erythriol… Sorbitol : certains fruits, bonbon sans sucre…

Mannitol : champignons, chou-fleur, pois gourmand…

 

 

Pourquoi peuvent-ils causer problème ?

Si l’intestin est fragilisé (pour connaitre les raisons, consultez cet article), et que les aliments riches en FODMAPS sont consommés au-delà de votre tolérance, padadam ! Une fermentation excessive produite par vos bactéries vous donnera des gaz et des ballonnements douloureux.

La capacité digestive, les sécrétions enzymatiques et la qualité de votre mastication seront les principaux facteurs qui détermineront votre niveau de tolérance, qui est donc propre à chacun.

 

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Quels sont les avantages et les inconvénients du régime FODMAPs?

L’un des avantages de ce régime est qu’il classe les aliments en catégories selon le type de sucres majoritaire. Cela permet de vous aider à cibler la ou les familles qui vous causent le plus de soucis. Aussi, une fois avoir déterminé quel(s) sucre(s) vous digérez mal, vous pourrez éventuellement, sous les conseils d’un professionnel, vous supplémenter en certaines enzymes.

 

Le régime pauvre en FODMAPs est un régime d’éviction et donc difficile à tenir. Le moindre écart peut ruiner vos efforts. De plus, ce régime réduit les inconforts digestifs car il ne nourrit plus aussi bien vos bactéries. Or, il est essentiel d’apport du fuel à notre microbiote car il influence grandement sur notre santé, comme on l’a vu à travers divers articles sur ce blog.

 

Et après ?

Le régime pauvre en FODMAPs vous aidera surement, mais, si vous vous rendez-compte que vous avez de gros problèmes de digestion, que vous soyez sensible ou intolérant à de nombreux aliments, que vous observez de sang dans vos selles, que vous avez plus de 50ans et qu’il y a des antécédents de cancer colorectal dans votre famille,  je vous conseille vivement de consulter.

Après avoir fait l’éviction des aliments riches en FODMAPs, ou d’une des familles vous causant le plus de symptômes, ils seront réintégrés petit à petit. Aussi, vous serez capable de consommer ces aliments selon votre seuil de tolérance.

Cette notion est très importante car à long terme, l’éviction totale d’aliments contenant des FODMAPs, a un impact qui serait négatif sur le microbiote. En effet des études ont mis en avant que ce régime entraine réduction de Bifidobacteria et de production d’acides gras à chaines courtes, éléments indispensables à une bonne santé intestinale.

Une fois avoir mis en place un régime pauvre en FODMAPs pour diminuer les symptômes, la seconde étape sera de régénérer la muqueuse digestive. Pour ce faire, faites-vous aider par un professionnel de santé.

 

L’application créée par l’Université Monash de Melbourne, téléchargeable sur votre smartphone (9€, en anglais seulement) est fiable.

 

Pour plus de détails, consultez l’article dédié.

 

 

Note importante

Le diagnostic ainsi que le traitement du SIBO sont très variables selon l’endroit où l’on se trouve. De plus, l’existence réelle du SIBO est encore controversée due au manque de consensus au regard de la définition même du SIBO, ainsi que les problèmes concernant l’efficacité et l’exactitude des méthodes de détection.

 

 

J’espère que cet article vous a été utile. Ce que je souhaite vous faire comprendre, c’est que bien souvent, les symptômes sont les signes visibles d’un problème ancré que l’on ne peut pas voir. Si vous chassez uniquement la fumée, mais que vous n’éteignez pas le feu, vos efforts seront vains.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose, souvenez-vous : Le SIBO est un type de dysbiose. C’est un symptôme cachant un problème de santé plus profond. Il est donc primordial de comprendre la cause.

 

N’hésitez pas à me contacter et à vous inscrire à ma Newsletter pour recevoir gratuitement mon ebook sur les 12 astuces pour améliorer votre digestion, ainsi que des infos exclusives sur la nutrition.

 

A bientôt !

 

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Pour aller plus loin :

SOURCES

    • Site de l’INSERM 
    • The bloated belly whisperer, Tamara Duker Freudman. Cette diététicienne travaille en collaboration avec des gastro entérologie et explique dans son livre les 7 raisons principales des ballonnements. Elle partage son expertise appuyé par des témoignes de ses patients. Vous y trouverez aussi des recettes pauvres en FODMAPs.
    • Site Dr Natasha Campbell créatrice du régime GAPS.
    • Site de l’INRA
    • En-Ling Leung Ki, Jocelyn Roduit, Joakim Delarive, Jean Guyot, Pierre Michetti, Gian Dorta (2010), Pullulation bactérienne de l’intestin grêle. Revue médicale suisse, volume 6. 186-191.
    • Yannick D.N.Tremblay, Skamder Hathroubi, et Mario Jacques (Avril 2014). Les biofilms bactériens : leur importance en santé animale et en santé publique. Can J Vet Res; 78(2): 110–116.
    • Andrew C. Dukowicz, Brian E. Lacy et Gary M. Levine (Février 2007). Small Intestinal Bacterial Overgrowth. Gastroenterol Hepatol (N Y) 3(2): 112–122.
    • The gut Health Protocol, John G.Herron
    • Site d’Allison Siebecker
    • Formation de la Monash University
    • SIBO school, Dr Jillian Teta

 

 

RESSOURCES

  • Podcast, Healthy living, SIBO, Dora Moutot
  • A fleur de pet, Dora Moutot, à lire absolument
  • Compte d’Ela Marmotte et #elaliste pour obtenir des informations concernant les tests, la liste des hôpitaux français proposant le tests..
  • Site du Dr Nirala Jacobi

 

 

*Images tirées de la formation de la Monash University réservée au diététicien

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