Sécheresse vaginale, que faire?
La sécheresse vaginale est une condition courante affectant jusqu’à 40% des femmes (Baziad, 2016).
La prévalence de la sécheresse vaginale varie en fonction de l’âge de la femme. Elle se manifeste par une sensation de sécheresse, d’irritation ou de brûlures au niveau du vagin, souvent accompagnée de douleurs lors des rapports sexuels.
Cet article a pour objectif d’explorer les causes de la sécheresse vaginale et de proposer quelques solutions pour y remédier.
Les causes de la sécheresse vaginale
La sécheresse vaginale est principalement liée à un déficit en œstrogènes.
Ce déficit est souvent observé dans les situations suivantes : en cas de poids faible chez une femme ayant ses cycles menstruels (ou en âge de les avoir), durant l’allaitement ou à la ménopause.
Poids faible
Le taux de masse grasse joue un rôle majeur dans la production des hormones sexuelles, dont les œstrogènes. Un poids faible associé à des cycles menstruels irréguliers ou absents, traduit un taux d’estrogène trop bas.
L’irrégularité des cycles ou l’aménorrhée doivent être à prendre en compte. En effet, au-delà des symptômes désagréables qu’un manque d’œstrogènes peut induire (sécheresse vaginal, perte de cheveux, dépression, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, ridules, fuite urinaire) elle expose la femme à des risques accrus de troubles cardiovasculaires et osseux.
Allaitement
Lorsque vous allaitez, votre corps produit de la prolactine en grande quantité. Cette hormone joue un rôle clé dans la production de lait. Cependant, la prolactine inhibe la sécrétion de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH), ce qui entraîne une réduction de la libération de l’hormone lutéinisante (LH) et de l’hormone folliculostimulante (FSH). Or, ces hormones sont cruciales pour stimuler les ovaires à produire des œstrogènes.
En conséquence, lorsque les niveaux d’œstrogènes restent bas, les cycles menstruels sont irréguliers ou inexistants, et des symptômes liés au déficit en œstrogènes, tels que la sécheresse vaginale, peuvent apparaître.
Ménopause
À la ménopause, les ovaires cessent de produire des œstrogènes. Ceux-ci sont alors principalement produits par le tissu adipeux (graisse). Cependant, les femmes ménopausées qui sont minces ou qui présentent une très faible production de DHEA par les glandes surrénales (hormone ayant un rôle crucial dans la santé et la longévité) courent un risque accru de souffrir de sécheresse vaginale.
De plus, les femmes ménopausées atteintes de diabète sont également plus susceptibles de développer des sécheresses vaginales (Huang et al., 2010).

Autres causes
Certains médicaments peuvent entraîner une sécheresse vaginale en réduisant la production de sécrétions vaginales.
Le tabagisme affecte la circulation sanguine, y compris au niveau du vagin, ce qui peut altérer l’humidité vaginale et favoriser la sécheresse.
Certaines pathologies comme Sjögren’s syndrome peuvent aussi induire une sécheresse vaginale.
Sécheresse vaginale, les risques
Le manque d’œstrogènes peut causer une atrophie du vagin ce qui peut, à son tour, affecter le système urinaire (Baziad, 2016). Les symptômes associés peuvent inclure des envies fréquentes d’uriner, de l’incontinence urinaire ou des infections urinaires.
De plus, la muqueuse du col de l’utérus, du vagin et de la vulve devient plus fine, ce qui peut entraîner des saignements fréquents.
En cas de sécheresse vaginale, le pH vaginal, qui est normalement compris entre 3,5 et 5, peut s’alcaliniser, atteignant un pH de 6 à 8. Cette augmentation du pH favorise le développement de pathogènes.
Enfin, en raison de la douleur et des difficultés liées aux rapports sexuels, l’impact de la sécheresse vaginale sur la vie de couple ne doit pas être sous-estimé. Il est essentiel de discuter avec votre partenaire pour trouver ensemble des solutions adaptées.
Sécheresse vaginale, les solutions
La prévention est essentielle. Il est recommandé d’éviter les produits irritants tels que les savons parfumés, les douches vaginales ou les sprays intimes non adaptés, car ces produits peuvent assécher la muqueuse vaginale et aggraver la sécheresse. Un simple nettoyage à l’eau suffit généralement pour maintenir une bonne hygiène.
Voici quelques solutions.
Solutions médicales
L’administration locale d’œstrogènes peut être envisagée sous avis médical. La prise de DHEA peut également apporter des résultats rapides, souvent perceptibles en deux semaines (Labrie et al., 2009)
Il est important de noter que l’incidence du cancer du sein ne semble pas être significativement différente entre les femmes utilisant un traitement hormonal substitutif (THS) et celles qui prennent 5 kg en plus, ou celles qui consomment deux verres d’alcool par jour (Baziad, 2016).
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Les solutions présentées ici peuvent soulager la sécheresse vaginale. Cependant, pour obtenir une amélioration à long terme, il est essentiel de traiter la cause sous-jacente de la sécheresse vaginale.
Dans certains cas, notamment en période de ménopause, si la phytothérapie (adaptée à chaque femme) et les remèdes « naturels » n’ont pas donné de résultats satisfaisants, un traitement hormonal substitutif peut être proposé par un gynécologue ou un médecin fonctionnel. Je ne mentionne pas de plantes ici, car certaines peuvent comporter des contre-indications. Il est donc crucial de consulter un professionnel pour un avis personnalisé.
Huile d’argousier
Une étude menée chez 98 femmes postménopausées présentant des symptômes de sécheresse vaginale, des démangeaisons ou des brûlures a montré que la consommation de 3 g d’huile d’argousier pendant 3 mois améliorait significativement les symptômes (Larmo et al., 2014).
Acide hyaluronique
Le gel vaginal à l’acide hyaluronique (Hyalofemme) et la crème à l’estriol (Ovestin) peuvent améliorer de manière significative la sécheresse vaginale chez les femmes postménopausées avec des taux d’amélioration respectifs de 84,44 % et 89,42 % après 10 applications (Chen et al., 2013). Le gel à base d’acide hyaluronique à action local peut être considéré comme une alternative valide aux traitements hormonaux à base d’œstrogènes (Dos Santos et al., 2021)Chen et al., 2013)
Vitamine E

La vitamine E est une vitamine liposolubles ayant une action antioxydante et réparatrice (Ziagham et al., 2012).
Les études ont montré que la vitamine E soulage les symptômes de l’atrophie vaginale. Par conséquent, l’utilisation de suppositoires vaginaux à la vitamine E est recommandée pour les femmes souffrant d’atrophie vaginale qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas recevoir un traitement estrogénique topique (Ziagham et al., 2013).
Avant ou en parallèle de l’utilisation locale de vitamine D, vous pouvez consommer des aliments riches en vitamine E (avocat, noisette, amandes) et/ou un peu d’huile de germe de blé, très riche en vitamine E. Une supplémentation orale en vitamine E ne doit pas être réalisée à long terme sans analyse sanguine. Evitez une supplémentation à +1 g de vitamine E/j (ou 1500 UI).
Huile de coco
L’application locale d’huile vierge de coco semble diminuer la sécheresse vaginale. Une étude menée chez 50 femmes ménopausée (25 control) a montré que l’application quotidienne d’huile de coco pendant 30 jours diminuait la sécheresse vaginale significativement (Albornoz et al., 2023).

Aloe vera
Une étude menée chez 60 femmes ménopausées souffrant de sécheresse vaginale a montré que l’usage local d’aloe vera (crème) pendant 6 semaines diminuant significativement la sécheresse vaginal et ce, de façon similaire à une crème à base d’œstrogène (Poordast et al., 2021). L’étude conclue donc qu’une crème à base d’aloe vera peut être une alternative intéressante (Poordast et al., 2021).
Séchresse vaginale, que retenir
La sécheresse vaginale, principalement causée par un manque d’œstrogènes, n’est pas une fatalité et doit être prise en charge de manière appropriée.
Chez les femmes en âge d’être menstruées, l’accent sera mis sur la régularité des cycles
Pour les femmes ménopausées, il est possible de « booster » les niveaux d’œstrogènes et de DHEA. Si la phytothérapie, la micronutrition, et une hygiène de vie saine, accompagnées de remèdes « naturels », ne suffisent pas, l’administration locale d’œstrogènes et/ou la prise de DHEA (mesurable dans le sang sous forme de sulfate de DHEA) peuvent offrir un réel confort et prévenir les risques associés au déficit en œstrogènes.
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Bibliographie
- Albornoz, M. A., Burke, J. F., & Threlfall, E. K. (2023). Virgin Coconut Oil in Paste Form as Treatment for Dyspareunia and Vaginal Dryness in Patients With and Without Rheumatic Autoimmune Diseases: An Efficacy and Safety Assessment Pilot Study. Cureus, 15(6).
- Baziad, A. (2016). Diagnosis and management of vaginal dryness in menopause. Majalah Obstetri Dan Ginekologi, 24(2), 70-73.
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- Dos Santos, C. C. M., Uggioni, M. L. R., Colonetti, T., Colonetti, L., Grande, A. J., & Da Rosa, M. I. (2021). Hyaluronic acid in postmenopause vaginal atrophy: a systematic review. The journal of sexual medicine, 18(1), 156-166.
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