Préménopause, comprendre pour ne plus subir

La préménopause (ou périménopause) est une période de transition marquée par d’importantes fluctuations hormonales. Elle peut durer de 2 à 10 ans.

De nombreuses femmes traversent cette phase avec des désagréments plus ou moins intenses, pouvant impacter la qualité de vie : troubles de l’humeur, prise de poids, cycles irréguliers… souvent sans vraiment savoir comment y faire face.

Pourtant, en identifiant les symptômes et leurs causes, il est possible d’agir efficacement et d’atténuer considérablement ces manifestations, rendant cette période bien plus sereine.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est utile d’avoir quelques bases de physiologie.

Beaucoup de femmes, même en fin de parcours menstruel, ne connaissent pas précisément le fonctionnement de leur cycle.

Or, savoir repérer son ovulation et comprendre, même brièvement, le rôle des principales hormones impliquées dans le cycle menstruel est essentiel. Connaître son corps et reconnaître les signes d’ovulation permet une meilleure compréhension de la préménopause, et donc une prise en charge plus adaptée.

 

Comprendre brièvement le cycle menstruel pour mieux aborder la préménopause

Le cycle menstruel se divise en deux grandes phases :

  1. La phase folliculaire : elle commence le premier jour des règles et se termine à l’ovulation.
  2. La phase lutéale : elle débute après l’ovulation et se termine au premier jour des menstruations suivantes. Cette phase dure entre 11 et 16 jours et reste généralement stable tout au long de la vie reproductive (hors troubles hormonaux ou préménopause).

La phase folliculaire

Pendant cette phase, la FSH (hormone folliculo-stimulante) stimule la croissance de plusieurs follicules ovariens. Parmi eux, un seul (parfois deux) atteindra une maturité suffisante pour libérer un ovocyte.
Plus le follicule se développe, plus il produit d’œstradiol (la forme la plus active des œstrogènes).

L’ovulation

Elle survient sous l’effet d’un pic combiné de FSH et de LH (hormone lutéinisante). Ce pic hormonal déclenche la libération de l’ovocyte par le follicule mûr.

La phase lutéale

Après l’ovulation, le follicule se transforme en corps jaune (s’il n’y a pas eu de fécondation), qui commence à produire de la progestérone, ainsi qu’une faible quantité d’œstradiol.
Si la fécondation n’a pas lieu, la production hormonale chute. Cette baisse simultanée des œstrogènes et de la progestérone déclenche alors les règles.

Important : ce n’est pas la menstruation qui est le marqueur principal d’un cycle sain, mais l’ovulation. D’ailleurs, on devrait parler de cycle ovarien plutôt que de cycle menstruel comme l’explique très bien Guénaëlle Abéguillé.

cycle menstruel de la femme hors pilule
cngof.fr

 

Variations hormonales de la préménopause

La préménopause est une période de transition hormonale marquée par de grandes fluctuations. Elle peut durer entre 2 et 10 ans. En France, l’âge moyen de la ménopause est de 51 ans.

Cette transition se déroule généralement en deux grandes étapes :

  1. Diminution progressive de la progestérone

Dans un premier temps, on observe souvent une hyperœstrogénie relative (insuffisance de progestérone) ou réelle (excès d’œstrogènes).
La qualité et la quantité des follicules baissent, ce qui entraîne une moindre réponse à la FSH — une forme de « résistance » ovarienne. La FSH augmente donc pour compenser et stimule davantage les ovaires, parfois de façon excessive, provoquant une ovulation précoce.

On parle alors de dysovulation : l’ovulation devient irrégulière et le corps jaune produit moins de progestérone. La phase lutéale est raccourcie, et les cycles deviennent plus courts.

 

  1. Chute des œstrogènes

Progressivement, les ovaires deviennent de moins en moins réactifs aux stimulations cérébrales (FSH, LH), et les follicules ne mûrissent plus correctement.
Les pics hormonaux sont moins marqués, les ovulations deviennent rares, voire absentes. Cela entraîne une phase folliculaire prolongée, avec une exposition prolongée aux œstrogènes, sans production de progestérone.

Les cycles deviennent plus longs et plus irréguliers. On observe alors des signes typiques de carence œstrogénique : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, insomnie, fatigue…

Lorsque le cerveau cesse définitivement de stimuler les ovaires, le cycle s’interrompt : c’est la ménopause.

⚠️ À noter : la fertilité persiste tant qu’il y a ovulation. Il est donc tout à fait possible de concevoir durant la préménopause.

 

A retenir

  • La préménopause commence avec une chute de la progestérone → favorise un syndrome prémenstruel (SPM) plus marqué et des cycles raccourcis.
  • Puis les œstrogènes baissent à leur tour → apparition de symptômes typiques de la ménopause.
  • Les cycles peuvent devenir plus courts ou plus longs, voire totalement anarchiques.
  • Il est fréquent d’avoir une hyperoestrogénie relative en préménopause, avec des symptômes comme : insomnies, règles abondantes, douleurs menstruelles, anxiété, SPM marqué…

 

Symptômes de la préménopause

Dans une première phase, marquée par la chute de la progestérone, les symptômes sont liés à un déséquilibre en faveur des œstrogènes. Vous pouvez alors ressentir :

  • Un syndrome prémenstruel (SPM) exacerbé : douleurs à la poitrine, forte émotivité ou irritabilité, rétention d’eau, maux de tête…
  • Des troubles du sommeil, du spotting (pertes marron entre les règles), un manque d’énergie ou de motivation.
  • Des cycles raccourcis (la progestérone chutant plus tôt, la phase post-ovulatoire est écourtée),

Ensuite, quand la chute des œstrogènes s’installe, on peut alors ressentir des symptômes souvent associés à la ménopause: bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, peau devenait très ridée et perdant son élasticité, prise de poids…

 

Comment gérer sa préménopause

En début de préménopause il faudra travailler sur 2 principaux axes:

  • Limiter l’imprégnation oestrogénique (œstrogènes) en modulant la production d’œstrogènes et leurs récepteurs, et en s’assurant d’une bonne détoxification de ces œstrogènes
  • Booster la progestérone en s’assurant d’avoir suffisamment de précurseurs et en optimisant l’ovulation. L’usage de la phytothérapie (plantes) pourra être utile selon votre situation.

Puis, quand la chute des œstrogènes survient, on pourra utiliser l’alimentation et la phytothérapie afin d’obtenir une action œstrogène-like.

L’alimentation, la micronutrition, la phytothérapie, l’hygiène de vie (activité physique, sommeil, gestion du stress) seront des outils clés.

 

Activité physique

L’activité physique est un allié précieux durant la préménopause. Elle stimule la sécrétion d’endorphines, des neurotransmetteurs aux effets apaisants.

Il faut savoir que les œstrogènes et la progestérone influencent aussi notre humeur en augmentant la production de dopamine et de sérotonine, tout en favorisant l’action du neurotransmetteur GABA — notamment grâce à la progestérone — qui freine l’activité du système nerveux.

Lorsque ces hormones diminuent, leurs effets régulateurs sur l’humeur s’estompent. L’activité physique permet, en partie, de compenser ces déficits hormonaux.

Par ailleurs, les hormones sexuelles féminines participent activement à la santé cardiovasculaire et osseuse. Leur déclin augmente le risque de pathologies cardiaques et d’ostéopénie/ostéoporose. Une activité physique régulière est indispensable dans la prévention de pathologies cardiaque, articulaire et osseuse. 

 

Alimentation, micronutrition & préménopause

L’alimentation et la micronutrition visent plusieurs objectifs :

  • Limiter l’imprégnation œstrogénique en modulant leur production, l’expression de leurs récepteurs et en favorisant leur détoxification hépatique et intestinale.

  • Soutenir la production de progestérone, en assurant un bon apport en précurseurs (cholestérol, vitamines B6, C, magnésium, zinc…) et en favorisant l’ovulation.

Une alimentation anti-inflammatoire, riche en fibres, en acides gras de qualité (oméga-3) et en antioxydants est recommandée.

Phytothérapie & préménopause

La phytothérapie peut être une aide précieuse pendant la préménopause. En fonction des symptômes (et idéalement de la biologie hormonale), on peut utiliser certaines plantes pour :

  • Soutenir la production de progestérone

  • Ou au contraire, accompagner la baisse des œstrogènes avec des plantes œstrogène-like (selon contre-indications).

⚠️ Le choix des plantes doit être personnalisé en fonction des antécédents médicaux, notamment en cas de cancer hormonodépendant.

  • Soulager les symptômes que vous rencontrez

 

Prise de poids pendant la préménopause

La préménopause peut s’accompagner d’une prise de poids apparemment inexpliquée, qui s’explique en réalité par plusieurs mécanismes hormonaux :

  • La chute des neurotransmetteurs régulateurs (sérotonine, dopamine, GABA) peut entraîner des envies de sucre ou une alimentation plus émotionnelle.

  • La phase lutéale est raccourcie. Or, durant cette phase, la dépense énergétique augmente légèrement (~100-150 kcal) avec l’augmentation de la température basale
  • Les œstrogènes influencent la répartition des graisses : ils favorisent leur stockage sur les hanches et les fesses. Lorsque leur taux baisse, la graisse a tendance à se redistribuer au niveau abdominal, comme chez les hommes.

  • Les œstrogènes régulent aussi la satiété via la leptine. La leptine est une hormone nous donnant la sensation de satiété. La diminution des œstrogènes perturbe cette régulation et peut entraîner une augmentation de l’appétit.

En parallèle, dès 35 ans, on observe une perte progressive de masse musculaire (sarcopénie). Or, le muscle est métaboliquement actif : il brûle des calories même au repos.

Maintenir et renforcer sa masse musculaire (par une activité physique adaptée, incluant de la musculation ou du renforcement) permet donc de soutenir le métabolisme de base et de limiter la prise de poids.

 

 

Vous entrez en préménopause ou vous y êtes déjà et vous souhaitez soulager vos symptômes et/ou préparer la ménopause?

Prenez RDV pour en discuter


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Téléchargez GRATUITEMENT l'extrait du guide sur le régime pauvre en FODMAPs
Et recevez chaque mois la Newsletter mensuelle
0 Partages
Partagez
Partagez