Le protocole AIP

AIP quoi ?

L’acronyme AIP signifie Auto-Immune Protocole. Pour donner plus de sens à la traduction française, on parle de protocole AIP.

Plus qu’un régime alimentaire, le protocole AIP est un style de vie.

 

 

Pour qui ?

Comme son nom l’indique, le Auto-immune Protocole s’adresse principalement aux personnes atteintes de maladies auto-immunes et de maladies chroniques.  

Les maladies auto-immunes se manifestent lorsque le système immunitaire est hors de contrôle. Les cellules immunitaires destinées à détruire les pathogènes vont commencer à s’attaquer aux propres tissus.  Il n’existe pas de docteurs spécialisés dans les maladies auto-immunes. La médecine actuelle cherche à soigner l’organe affecté, souvent via un traitement à vie et ayant des effets secondaires, alors qu’une modification de l’hygiène de vie et une attention spécifique au système immunitaire peuvent bien souvent, limiter les symptômes (plus d’infos dans cet article),

Dans le cadre des MICI, le protocole AIP pourrait aider à rester en phase de rémission tout en limitant les symptômes (1).

Une étude menée chez 16 femmes ayant une thyroïdite d’Hashimoto a montré qu’après 10 semaine sous le régime AIP, l’inflammation avait diminué de 29% et les symptômes de 68% (2).

En résumé: le protocole AIP peut donc être mis en place dans plusieurs cas : maladies auto-immunes, maladies inflammatoires chroniques, ou en cas d‘hyperperméabilité intestinale 

 

En quoi consiste ce protocole ?

Le protocole est basé sur un régime d’éviction/réintroduction de type paléo ainsi que l’introduction d’aliments très nutritifs (via le principe de densité nutritionnelle).

La phase d’élimination peut se faire de manière progressive, ou du jour au lendemain selon les préférences de chacun. Cette phase est donc divisée en deux étapes :

  • Transition, dont la durée varie selon le rythme de chacun
  • Maintenance, d’une durée de 30 à 90jours

Une fois prêt.e, la phase de réintroduction peut débuter.

Le protocole implique aussi une « remise en question » du mode de vie : sommeil, gestion du stress, activité physique et connexion aux autres (et je pense que l’on peut également inclure la (re)connexion à la nature).

 

Aliments à éliminer sont :

    • Les céréales et pseudo-céréales et les substances similaires aux céréales
    • Les produits laitiers
    • Les légumineuses (le soja en fait partie)
    • Les huiles et sucres raffinés, ainsi que les édulcorants
    • Les additifs alimentaires
    • Les noix et graines
    • Les épices à base de fruits et de baies
    • Les solanacées (tomate, piment, pomme de terre, aubergines, tamarillo, baie de goji…)
    • Les œufs
    • L’alcool
    • Le café

Ces aliments sont susceptibles de stimuler le système immunitaire de façon exagérée et donc d’entretenir l’inflammation.

Ce n’est pas un régime faible en glucide à proprement parler, mais il peut l’être si vous le choisissez sous les conseils de votre médecin/diététicien/naturopathe spécialisé.e.

 

Les aliments à inclure sont :

    • Le bouillon d’os (encore et toujours !)
    • Des aliments et boissons fermentés
    • De la viande issue d’animaux nourris à l’herbe
    • Des bonnes graisses

Le but du protocole est donc de rétablir une fonction immunitaire correcte et une santé digestive optimale, d’apporter des nutriments, de réguler les fonctions hormonales

 

 

 

  Les avantages

Le régime pauvre en FODMAPs fait parfois des miracles, mais ne se suffit pas à lui seul. Limiter les FODMAPs de votre alimentation puis les réintroduire sans avoir modifié vos habitudes alimentaires, comblé vos déficits nutritionnels et optimisé votre digestion se servira pas à grand-chose, et vos efforts n’auront pas les résultats escomptés.

J’aime beaucoup l’approche globale que propose ce protocole. C’est personnellement ce que j’insiste avec mes patients suivants ou non un régime pauvre en FODMAPs : nous sommes un tout et le bien-être intestinal n’es pas indépendant du reste.

 

Les inconvénients

Comme tout régime d’élimination/réintroduction, la mise en place peut être difficile. En fonction de votre alimentation actuelle, vos habitudes alimentaires vont être plus ou moins bouleversées. La mise en place du protocole requiert une organisation.

Contrairement au régime pauvre en FODMAPs, les outils sont peu nombreux (pas d’application, peu de ressources en français) et vous pouvez vous sentir seul.e et perdu.e.

Afin de mettre toutes les chances de votre côté et de « réussir » au mieux ce protocole, l’accompagnement par un professionnel de santé s’avère indispensable.

 

 

En résumé

Les études spécifiques au protocole AIP sont encore peu nombreuses, mais l’alimentation de type paléo et ses effets positifs sur les maladies auto-immunes est davantage documenté.

Le protocole AIP, grâce à son approche globale semble très prometteur. Il permettrait de diminuer l’inflammation et de soulager les symptômes induits par une maladie auto-immune.

Comme tout régime thérapeutique, l’accompagnement est essentiel pour s’assurer que vous comblez vos besoins et vous apportez un soutien moral et organisationnel.

 

 

Infos & ressources

 

Bibliographie

  1.  Konijeti GG, Kim N, Lewis JD, Groven S, Chandrasekaran A, Grandhe S, et al. Efficacy of the autoimmune protocol diet for inflammatory bowel disease. Inflammatory bowel diseases. 2017;23(11):2054-60.
  2. Abbott RD, Sadowski A, Alt AG. Efficacy of the autoimmune protocol diet as part of a multi-disciplinary, supported lifestyle intervention for Hashimoto’s thyroiditis. Cureus. 2019;11(4).

 

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