Maladies auto-immunes, et si on c’était trompé de cible ?

La médecine occidentale n’a aucun moyen pour soigner les maladies auto-immunes. Elle possède seulement des outils (chimiques) visant à atténuer les symptômes. Aussi, on peut s’interroger sur sa capacité à offrir aux patients les meilleurs traitements possibles.

Avant tout chose, il faut d’abord comprendre le fonctionnement des maladies auto-immunes.

Si vous êtes vous-même atteint d’une maladie auto-immune ou que l’un de vos proches est atteint, j’espère que la lecture de cet article vous invitera à explorer d’autres options que celles que l’on a pu vous proposer jusqu’ici. Je ne permettrai pas de contredire ce que vos médecins vous ont pu dire, mais sachez qu’avant de déclarer la guerre à l’un de vos organes, certaines choses peuvent être mises en place.

Tout d’abord, intéressons-nous à la définition même d’une maladie auto-immune. Cela permettra de comprendre comment les traiter et d’avoir une meilleure approche envers celles-ci.

 

Source: amelioretasanté

Qu’est ce que maladie auto-immune veut dire ?

Quand on pense maladies auto-immunes, on pense surtout à première vue, à l’organe « attaqué » par le système immunitaire.

Or, le problème à la base est un système immunitaire surexcité qui va commencer à s’attaquer au soi.

Notre système immunitaire a pour but de nous protéger contre les éléments pathogènes comme les bactéries, virus, parasites…et va également détruire les cellules cancéreuses créées en permanence.  En effet, nos cellules se divisent sans cesse et notre corps fait des erreurs. C’est normal, et c’est pour cela qu’il possède des systèmes de « vérification ». La nature est bien faite !

Notre système immunitaire travaille main dans la main avec notre microbiote  pour « détruire » ce qui doit l’être tout en préservant les microbes indispensables) notre survie. La santé de ce système dépend de celle du microbiote intestinal et vice-versa.

Lorsque notre système immunitaire est en permanence sollicité, l’inflammation qui l’accompagne ne disparait jamais. C’est ce que l’on appelle l’inflammation chronique de bas grade.

Cette inflammation reste silencieuse, mais certains signes peuvent apparaitre : troubles digestifs, acné, douleurs ostéo-articulaires… Ces signes très divers mettent en avant le fait que l’inflammation touche l’ensemble de l’organisme.

Souvenez-vous : 70% de notre système immunitaire se trouve dans notre ventre. Cela est intelligent quand y pense : le plus grand risque d’infection vient des aliments ingérés et de l’eau bue (outre les blessures externes bien entendu). Mais c’est donc ici, au sein de notre tube digestif, que le risque que le système immunitaire devient défaillant est le plus important.

Si notre système immunitaire est en permanence excité et qu’il ne sait plus où donner de la tête alors il « attaque tout ce qui bouge ». Il va finir par s’attaquer à nos propres tissus.

Voilà comment naissent les maladies auto-immunes.

Les maladies auto-immunes se déclarent généralement lors d’un épisode infectieux, d’un stress non contrôlé, notamment chez les personnes ayant une prédisposition génétique. Ce sont des maladies multifactorielles.

Il faut bien comprendre que les maladies auto-immunes n’apparaissent pas du jour au lendemain. Elles sont le résultat de mois voire d’années d’inflammation chronique plus ou moins silencieuse. Elles expriment une défaillance du système immunitaire qui est « épuisé ».

Les questions qu’il faudrait se poser seraient alors :

Pourquoi le système immunitaire est surexcité ? Et quel rôle le microbiote a sur le dérèglement du système immunitaire?

Note: dans cet article je me concentre sur les maladies auto-immunes, mais les maladies chroniques sont également le résultat d’une inflammation chronique de bas grade.

 

Quelles sont les maladies auto-immunes les plus fréquentes ?

On estime aujourd’hui que 5 à 8% de la population mondiale est touchée par une maladie auto-immune (source Inserm). Il en existe des dizaines:

  • Thyroïde : Basedow, Hashimoto
  • Diabète de type 1
  • Arthrite rhumatoïde
  • Psoriasis
  • Sclérose en plaques
  • MICI
  • Sjögren syndrome
  • Maladie cœliaque

 

Un point sur la génétique

Nous avons tous certaines prédispositions à des maladies.  Les sensibilités génétiques incriminées concernent les gènes HLA. Cet ensemble de gènes code des protéines permettant à l’organisme de faire la différence entre le soi et le non-soi.

On retrouve donc une prédisposition génétique chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante (HLA-B27), polyarthrite rhumatoïde (HLA-DR4), diabète de type 1 (HLA-DR3/DR4) ou maladie cœliaque (HLA-DQ2)…rares sont les maladies auto-immunes ayant une origine monogénique (la mutation d’un seul gène est responsable).

 

Cependant, les gènes sont des codes, et ils ne s’expriment que dans un certain environnement. Notre hygiène de vie (alimentation, activité physique, stress (le revoilà !), feront en sorte que nos gènes s’expriment ou non. C’est ce que l’on appelle l’épigénétique.

Travailler sur ces piliers est la base avant de recevoir un traitement puissant, voire une ablation d’un organe.

 

Pourquoi les maladies auto-immunes sont mal prises en charge 

Lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie auto-immune, elle va être envoyée vers un spécialiste de l’organe atteint. Voilà la première erreur.

Pourquoi ?

Si par exemple vous souffrez de problèmes thyroïdiens, c’est l’endocrinologue qui va vous prendre en charge. Vous pouvez également être envoyé vers un gastro-entérologue, un rhumatologue ou un dermatologue selon si l’organe « attaqué » par votre système immunitaire est le tube digestif, vos articulations ou votre peau.

Tous sont des médecins. Aussi, ils mettent en pratique ce qu’ils ont appris, soit les protocoles médicamenteux.

Je ne critique pas les médecins. Ils n’ont que très peu, voir aucun cours de nutrition, ni sur d’autres méthodes issues des « médecines douces » pouvant (devant?) être appliquées lors de maladies auto-immunes.

La médecine occidentale sauve des vies, mais est impuissante lors de maux chroniques.

 

Ce n’est pas l’organe atteint qui est en cause, mais le système immunitaire.

*

La deuxième erreur est de ne pas aller chercher et comprendre la source du problème.

Que vous ayez la maladie d’Hashimoto ou une SEP, à la base c’est votre système immunitaire qui est devenu défaillant.

Comme vu précédemment, 70% de nos cellules immunitaires se logent dans notre ventre. C’est donc cet organe, ou plutôt ces organes, qu’il faut aller soigner en priorité !

Nos organes digestifs ne sont pas seuls.

Notre colon héberge des milliards de microbes, principalement des bactéries. Notre microbiote est la première ligne de défense. S’il devient fragile, il entraine dans sa chute notre système immunitaire.

 

Une dysbiose (déséquilibre du microbiote) va induire une hyperfermentation (les bactéries fermentent les restes alimentaires afin d’en tirer de l’énergie).  La muqueuse intestinale va être agressée par les sous-produits issus l’hyperfermentation. Si en parallèle elle et manque d’éléments nécessaires à sa santé (comme les acides gras à chaines courtes produits par les bactéries bénéfiques), elle produira moins de mucus visant à la protéger et deviendra poreuse.

De grosses molécules et/ou toxines présentes dans notre environnement, notre alimentation ou sécrétées par certains microbes, vont venir enflammer la muqueuse intestinale.

La muqueuse devenant poreuse, elle va laisser passer ces molécules dans notre circulation sanguine. Là, notre système immunitaire va devoir travailler de plus belle. L’inflammation sera exacerbée. Si cet état devient chronique, vous connaissez la suite.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (Maladie de Crohn et colite ulcéreuse) sont un parfait exemple démontrant comment une dysbiose peut induire une maladie.

Le lien entre dysbiose et MICI est plus “facile” à faire et envisageable pour la population, car ces maladies touchent le tube digestif. Pourtant, la dysbiose induit également des maladies auto-immunes touchant d’autres organes que ceux de notre tube digestif.

La recherche commence à faire le lien entre la raréfaction de certaines espèces ou la prolifération d’autres avec certaines maladies auto-immunes. Vous trouverez des exemples d’études en fin d’article.

 

Maladie auto-immune, incurable? Différence entre être « en rémission » et « guérir »

On pense souvent que les maladies auto-immunes sont incurables. Or, de nombreux témoignages que vous pourrez trouver vous prouveront le contraire.

Une personne atteinte d’un cancer sera dite « en rémission » lorsque les signes de son cancer auront disparu. Ne pourrait-on pas dire qu’elle est guérie puisque le cancer semble être « endormi » ?

Prenons un autre exemple. Une personne vient voir un ostéopathe pour un mal de dos dû à un pincement nerveux. En ressortant du cabinet sans douleur  cette personne est-elle guérie ? On aurait tendance à dire oui. Or, si sa douleur est causée par un geste quotidien (comme lever une charge lourde sans plier les genoux), n’est-elle pas plutôt en rémission jusqu’à la prochaine fois ? En effet, si aucun changement n’est fait, la douleur reviendra.

*

Il en est de même avec les maladies auto-immunes. Si l’on parvient à trouver l’origine du problème et que des actions durables sont mises en place, alors qu’importe si l’on considère que vous êtes en rémission, ou soignées. L’importance est de trouver un rythme et une hygiène de vie viable sur le long terme et permettant de minimiser/éliminer les symptômes de façon permanente, voire même de ne plus « observer » la maladie aux prochains bilans.

Note: il faut avouer que dans la majorité des cas, une fois que la maladie s’est déclarée et s’est installée, il faudra davantage se focaliser sur comment vivre le mieux possible en limitant à la fois les symptômes, les médicaments et leurs effets secondaires.

 

Le système immunitaire est-il faible ou trop puissant?

L’hyperexcitation chronique du système immunitaire peut induire une (ou plusieurs !) maladie(s) auto-immune(s). N’est-il pas alors paradoxal de dire que le système immunitaire est en réalité faible ? Au lieu de chercher à le renforcer ne devrait-on pas trouver un moyen de « le calmer » ?

Le but du traitement des maladies auto-immunes est un peu une combinaison des deux. Il va avoir pour but de régulariser la réponse immunitaire en éliminant les éléments qui le maintient excité en permanence , tout en apportant certains nutriments manquants contribuant à le rendre faible (vitamine D, sélénium ect.).

 

L’importance de la nutrition, le gluten & alimentation anti-inflammatoire

Prenons le cas des maladies auto-immunes touchant la thyroïde chez les personnes ayant une sensibilité au gluten non reconnue.

Le gluten a une structure moléculaire proche des hormones thyroïdiennes. En consommant des aliments contenant du gluten, le système immunitaire sensible à cette protéine, va alors « confondre » certaines cellules thyroïdiennes avec les molécule de gluten. Ce phénomène es connu sous le nom de molecular mimicry (=ressemblance moléculaire) (4).

Aussi, en cas de maladie d’Hashimoto ou de Basedow, la réduction de la consommation d’aliments contenant du gluten, voire l’élimination totale semble être bénéfique.

Le gluten induit également la sécrétion de zonuline, molécule favorisant la perméabilité intestinale.

En parallèle il faudra veiller à adopter une alimentation anti-inflammatoire, histoire d’éviter de mettre de l’huile sur le feu ! Votre corps a déjà fort à faire, si en plus on lui apporte des graisses pro-inflammatoires, trop d’omégas 6, des substances carcinogènes présentes dans les aliments fumés ou grillés.. Ça ne va pas l’aider.

Les changements alimentaires vont influencer la composition du microbiote et donc ses fonctions. Cela va donc avoir un effet domino sur le système immunitaire.

Comment aborder de manière holistique les maladies auto-immunes

Voici les facteurs principaux sur lesquels il faut travailler :

  • Gestion du stress.

Le stress ne peut expliquer à lui seul l’apparition de maladies auto-immunes, mais il y contribue fortement. Le problème n’est pas le stress en soi, il y aura toujours de sources de stress, mais plutôt la façon dont on le gère.

 

  • Soigner ses intestins et sa dysbiose, calmer l’inflammation, optimiser sa digestion

Notre ventre, qualifié de deuxième cerveau, devrait être le premier organe à être soigné. Cela passe par une régénération intestinale et (probablement) une modification du régime alimentaire.

Comme le dit cette étude (1): « Le microbiome humain pourrait être un acteur majeur de l’auto-immunité, car la perte de tolérance immunitaire peut être causée par des changements de composition microbienne. Les micro-organismes peuvent provoquer la réponse immunitaire contre l’hôte si les mécanismes de tolérance échouent pour plusieurs raisons ».

Une hyperperméabilité intestinale est observée dans une majorité des maladies auto-immunes (DTA, MS, MICI, Lupus) (3)

 

  • Éliminer les éventuels pathogènes

Si vous êtes infecté.e par un pathogène, il faudra faire en sorte de l’éliminer.

En effet, l’exposition à  certains pathogènes semble associée au risque de maladies auto-immunes, bien qu’aucun lien de causalité ne soit parfaitement établi. Les virus Epstein-Barr ou le cytomégalovirus semblent favoriser l’apparition de maladies auto-immunes.

D’autres comme Helicobacter pylori ou candida peuvent affecter directement le système immunitaire et/ou une hyperperméabilité intestinale engendrant une réponse immunitaire.

 

  • Éviter au maximum les toxines environnementales et autres

Certains polluants environnementaux tels que les ultraviolets, le stress ou la nutrition sont suspectés. Bien que leur rôle reste à démontrer par la science (et ce n’est pas demain la veille !), je pense que de l’utilisation massive de produits ultra-transformés, l’aggravation du niveau de pollution et le fléau du stress chronique jouent définitivement un rôle dans l’émergence des maladies auto-immunes

Dans cet article vous trouverez les gestes quotidiens que vous pouvez mettre en place pour réduire votre exposition aux métaux lourds et autres polluants.

Note: Le tabagisme semble corrélé avec une fréquence plus forte de polyarthrite rhumatoïde, sclérose en plaques, dysthyroïdie auto-immune.

 

  • Combler les éventuels déficients nutritionnels

Cela va de pair avec une régénération intestinale. Comme je dis toujours : vous aurez beau manger les aliments les plus sains possibles, si vous n’absorber pas les nutriments cela ne servira pas à grand-chose.

Repérer les aliments auxquels vous êtes sensibles/intolérants sera également primordial, car la consommation régulière d’aliments pauvrement tolérés contribue à l’hyperperméabilité intestinale.

 

  • Prendre soin de son sommeil

Le manque de sommeil rend notre système immunitaire moins performant, impact notre digestion et notre santé mentale.

Connaitre ses propres besoins en matière de sommeil et faire en sorte de les respecter fait partie de l’hygiène de vie à adopter au quotidien pour se « soigner ».

Les médicaments sont-ils alors nécessaires? 

Certaines personnes ne voient aucun inconvénient à prendre des médicaments. Je respecte ce choix. D’ailleurs, il est parfois nécessaire de suivre un traitement afin de diminuer les symptômes et/ou les garder sous contrôle lorsque ceux-ci sont dangereux.

Par exemple, en cas de maladie de Basedow (maladie auto-immune affectant la thyroïde et responsable de 90% des hyperthyroïdies), la tension ou le pouls peuvent être si haut qu’ils sont un risque important de maladie cardiaque. Aussi, les personnes les plus à risque doivent être prises rapidement en charge car leur vie peut être en danger.

Cependant, il faut garder en tête que les médicaments ne permettent pas une guérison.

Aussi, si vous cherchez à régler le problème à la source, les « médecines alternatives » vous permettront d’aller plus en profondeur.

Certes les causes sont multiples et les déterminer sont compliquées. Adopter de bonnes habitudes comportementales et alimentaires en adéquation avec ses besoins et sa pathologie peut être une solution sur le long terme et avec bien moins d’effets secondaires.

Au lieu de vouloir diviser sans cesse la médecine occidentale et les médecines alternatives, dites parallèles (!), nous devons les allier. Cela ne fera qu’augmenter leur puissance.

 

Conclusion

Lorsque l’on est diagnostiqué comme souffrant d’une maladie auto-immune, un véritable travail de détective commence alors.

Si le dérèglement du système immunitaire est la conséquence d’un déséquilibre du microbiote, alors comment savoir si  vous souffrez d’une dysbiose, pourquoi cette dysbiose c’est mise en place?

Il y aurait encore beaucoup à dire concernant les maladies auto-immunes, et article ne se suffit pas à lui-même et je n’ai pas la prétention de tout connaitre à ce sujet.

Je souhaite vous « ouvrir les yeux » sur le fait qu’il existe peut-être d’autres de ces solutions et que les maladies auto-immunes n’apparaissent pas au hasard.

 

 

Sources

(1) F. De Luca and Y. Shoenfeld (Janvier 2019). The microbiome in autoimmune diseases. Clin Exp Immunol; 195(1): 74–85. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6300652/

(2) Silvio M Vieira Odelya E Pagovich, and Martin A Kriegel (May 2014). Diet, Microbiota and Autoimmune Diseases. Lupus ; 23(6): 518–526. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4009622/

(3) Leila Abdelhamid and Xin M. Luo (Aout 2018). Retinoic Acid, Leaky Gut, and Autoimmune Diseases. Nutrients; 10(8): 1016. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6115935/

(4) Leaky gut and autoimmune diseases, Alessio Fasano (2011). Clinical Reviews in Allergy & Immunology DOI: 10.1007/s12016-011-8291.  Disponible sur: https://www.researchgate.net/publication/51823457_Leaky_Gut_and_Autoimmune_Diseases

(5) The autoimmune solution cookbook, Amy Myers, MD

(6) The immune system recovery plan; Dr Susan Blum, 2013

 

  • Sites de l’Inserm
  • Natural treatment solution for hyperthyroidism and Graves’ Disease, Eric M.Osansky

 

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