Prise d’antibiotique, comment protéger son microbiore

Je reçois régulièrement par mail d’ancien.nes patient.es chez qui nous avons réussir à rétablir l’eubiose (équilibre du microbiote) la question suivante : comment éviter les récidives [des troubles digestifs] lorsque la prise d’antibiotique est inévitable ?

Je vous partage donc aujourd’hui des techniques pour protéger son microbiote en cas d’antibiothérapie, tirée notamment d’une formation suivie récemment.

Effets des antibiotiques sur le microbiote

Avant de voir comment protéger son microbiote, rappelons brièvement les effets des antibiotiques sur le microbiote intestinal.

Pour faire simple – car les effets seront différents selon le type des antibiotiques -, les antibiotiques vont altérer la richesse du microbiote, c’est-à-dire la quantité de bactéries présentes. Ces effets peuvent s’étendre jusqu’à 4 ans !

Microbiote intestinal avant VS après antibiothérapie. Source Diapo Christian Boyer

Nous ne sommes pas égaux face aux antibiotiques : notre microbiote sera plus ou moins résilient (=en capacité de revenir à son état d’avant antibiothérapie). Certaines personnes seront très affectées après 1 cure, quand d’autres n’auront pas de soucis avant multiples cures.

La prise d’antibiotique sera beaucoup plus délétères chez les enfants avant 3 ans car leur microbiote est en plein “construction”, et chez +65 ans car le microbiote devient beaucoup moins résilient passé un certain âge.

Schéma présentant la résilience du microbiote face aux antibiotiques au cours de l’âge. Source PMID: 27738912

Les antibiotiques vont également favoriser l’augmentation de bactéries et levures opportunistes (microorganismes présentes dans notre microbiote mais devant être gardées sous contrôle car vont poser problème lorsqu’elles prolifèrent excessivement).

A l’inverse, les bactéries à caractère bénéfique et notamment productrices de butyrate, sont diminuées.

Une compétition entre les bactéries et les levures apparait, contrairement à une coopération naturelle et bénéfique.

Pour finir, les antibiotiques peuvent altérer la fonction barrière de l’intestin, via notamment des effets délétère sur le mucus intestinal. C’est d’ailleurs via ce phénomène pro-inflammatoire, que les antibiotiques sont l’un des facteurs de risque de MICI (type maladie de Crohn ou RCH).

Protéger son microbiote

Voici 5 conseils pour protéger son microbiote en cas d’antibiothérapie.

1/ L’alimentation

Une alimentation riche en fibres, suivie idéalement avant mais surtout pendant et après l’antibiothérapie, aura un effet protecteur.

Thé vert, grenade, baie, cacao (pas chocolat au lait !), herbes, grenade, agrumes, oignons… et autres aliments riches en polyphénols (voir 4/) sont nos alliés !

Pensez aussi aux fibres prébiotiques : avoine, ail, oignon, banane à peine mure, pomme…

2/ La gomme de guar hydrolysée (GGH)

La prise de 5 à 10 g de GGH pendant et jusqu’à 2 mois post antibiothérapie sera bénéfique à la protection du microbiote, et notamment des “bonnes” bactéries.

3/ Le butyrate

Et notamment la forme tributyrique (à libération prolongée donc plus d’impact au niveau du colon) à prendre pendant et 1 mois post antibiotique.

Le butyrate est un acides gras à chaine courte produit par les bactéries du colon, et est le principal carburant des cellules du colon. Il permet notamment de limiter la croissance de bactéries pathogènes et de levures, dont le Candida Albicans.

Plus d’infos sur le butyrate ICI.

4/ Les polyphénols

Les polyphénols sont des composés présents dans certains aliments exerçant un rôle de prébiotique sélectif, c’est-à-dire qu’ils vont favoriser la croissance uniquement de bactéries à caractères bénéfiques. Ils ont une action anti-inflammatoire et vont protéger la muqueuse intestinale.

La supplémentation en polyphénols est à commencer après l’antibiothérapie (pas pendant car pourrait optimiser le développement de souches pathogènes et opportunistes qui ont tendance à proliférer pendant l’antibiothérapie).

5/ Les probiotiques

La souche la plus étudiée, et qui est sans aucun doute indispensable, est Saccharomyces boulardii. Cette souche est à prendre dès la prise d’antibiotique et à poursuivre pendant 2 semaines environ.

En cas d’autres combinaison, prendre le probiotiques pendant l’antibiothérapie et à distance de 2h de l’antibiotique.

Recommandation

Pour vous simplifier la vie, je vous ai préparé une recommandation de ces produits à commander dès que vous aurez besoin de prendre un antibiotique.

Protéger son microbiote est l’un des meilleurs moyen d’éviter les troubles digestifs et/ou les récidives.

Si ces conseils ne sont pas suffisants et que vous souffrez de troubles digestifs 2 mois post-antibiothérapie, une analyse métagénomique du microbiote pourra être intéressantes.

 

Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, n’hésitez pas à prendre RDV!

 

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