La symptothermie : une contraception naturelle pour mieux connaître sa fertilité
« La symptothermie ? Jamais entendu parlé ! »
Cette phrase, je l’entends régulièrement en consultation. De plus en plus de femmes sous contraception hormonale expriment le souhait de mieux comprendre leur corps et leur cycle menstruel, que ce soit dans le cadre d’un projet de grossesse, d’un désir de contraception plus naturelle, ou encore face à des troubles persistants pouvant avoir une composante hormonale.
Personnellement adepte de la symptothermie — une méthode que j’ai découverte et adoptée lors de mon propre désir de grossesse — j’ai choisi de me former professionnellement afin de vous proposer un accompagnement global et personnalisé dans le parcours périnatal.
Cet article a pour objectif de présenter les brièvement différentes méthodes de contraception, ainsi que leurs avantages et leurs limites, puis d’expliquer plus en détail en quoi consiste la symptothermie et comment se lancer.
Quelles sont les différentes méthodes de contraception ?
Aujourd’hui, il existe de nombreuses méthodes permettant d’éviter une grossesse. Chacune présente des avantages et des limites. Le choix dépend de nombreux facteurs : âge, état de santé, projet de grossesse, mode de vie, préférences personnelles ou encore valeurs individuelles.
Ci-dessus un tableau résumant ces différentes méthodes, leurs fonctionnements, avantages et inconvénients.
Tableau comparatif des différentes méthodes contraceptives
| Méthode contraceptive | Fonctionnement | Avantages | Inconvénients |
| Pilule contraceptive oestroprogestative (combine) | Administration de « faux » œstrogènes et « fausse » progestérone à taux supra physiologique visant à duper le cerveau >> mise au repos des ovaires >> absence d’ovulation.
+ Epaississement de la glaire (barre la route aux spermatozoïdes) Endomètre (muqueuse utérine) devient impropre à l’implantation d’un éventuel ovule fécondé. |
Très efficace lorsqu’elle est bien prise ; peut diminuer les douleurs menstruelles et l’acné. | Nécessite une prise quotidienne ; risque d’oubli ; effets secondaires possibles (nausées, migraines, baisse de libido, troubles de l’humeur) ; ne protège pas des IST.
Impact micronutritionnel >> carences fréquentes en magnésium, vitamine B6, B9 ; B12, E, C, zinc, sélénium, CoQ10 et glutathion (plus d’infos ICI) |
| Pilule progestative | Modification de la glaire et de la muqueuse utérine.
Ovulation possible mais la synthèse d’estrogènes et de progestérone endogène (par le corps) est très faible. Effets légèrement différents selon le type de progestatif utilisé. |
Assez efficace. Peut soulager les douleurs en cas d’endométriose par exemple. Pourrait protéger contre certains cancers. | Microprogestative
Souvent du spotting imprévisibles. Classée cancérogène catégorie 2B (cancérogène possible) – risque réversible après 10 ans d’arrêt (sources 1 & 2); effets secondaires fréquents. Macroprogestatives Bloque l’ovulation ; certaines augment les risque de méningiome ; effets secondaires fréquents. |
| Implant contraceptif | Modification de la glaire et de la muqueuse utérine + bloque l’ovulation.
Durée d’action de 3 ans (2 ans si obésité).
|
Pas d’oubli possible. | Nombreuses contre-indications. Peut augmenter les taux d’insuline (et donc engendrer une prise de poids).
Risque augmenté de dépression. |
| Patch contraceptif | Diffuse des hormones à travers la peau. | Changement hebdomadaire ; efficace ; pas de prise quotidienne. | Peut provoquer des effets secondaires hormonaux ; risque de décollement ; ne protège pas des IST. |
| Anneau vaginal | Libère des hormones au niveau vaginal pendant 3 semaines. | Utilisation mensuelle ; très efficace ; faible contrainte quotidienne. | Peut être ressenti par certaines femmes ; effets secondaires hormonaux possibles ; ne protège pas des IST. |
| DIU hormonal (stérilet hormonal) | Modification de la glaire et de la muqueuse utérine + affecte l’ovulation.
Durée d’action de 3 à 5 ans selon le modèle. |
Réduit souvent l’abondance des règles. | Pose médicale nécessaire ; effets secondaires fréquent, saignements irréguliers les premiers mois.
Risque accru de développer un HPV et d’une tumeur au niveau du col de l’utérus |
| DIU au cuivre (stérilet au cuivre) | Le cuivre (spermicide) empêche la fécondation.
Durée d’action d’environ 5 ans. |
Sans hormones ; très efficace ; | Peut augmenter les douleurs et le flux menstruel ; nécessite une pose médicale. |
| Préservatif masculin | Barrière empêchant le passage des spermatozoïdes. | Sans hormones ; le seul moyen de contraception qui protège des IST.
Remboursement possible. |
Fiabilité dépend de l’utilisation correcte à chaque rapport. |
| Préservatif féminin | Gaine placée dans le vagin empêchant le passage des spermatozoïdes. | Sans hormones ; protège des IST ; donne plus d’autonomie à la femme. | Peut être plus difficile à utiliser ; moins disponible ; coût plus élevé. |
| Diaphragme ou cape cervicale | Barrière placée devant le col de l’utérus, souvent associée à un spermicide. | Sans hormones ; utilisation ponctuelle ; réutilisable. | Efficacité modérée ; nécessite un apprentissage et une mise en place avant chaque rapport ; ne protège pas des IST. |
| Méthodes naturelles (symptothermie) | Identification de la période fertile grâce à l’observation du cycle (glaire cervicale, température, etc.). | Sans hormones ; permet une meilleure connaissance du cycle ; peut être utilisée pour concevoir ou éviter une grossesse ; peu coûteuse à long terme. | Nécessite une formation rigoureuse et des observations quotidiennes ; demande l’implication du couple ; ne protège pas des IST. |
| Retrait (coït interrompu) | Retrait du pénis avant l’éjaculation. | Gratuit ; sans hormones. | Faible efficacité ; dépend fortement de l’expérience et de la maîtrise du partenaire ; ne protège pas des IST. |
| Stérilisation (ligature des trompes ou vasectomie) | Empêche définitivement la rencontre entre spermatozoïdes et ovule. | Très efficace ; méthode définitive. | Généralement irréversible ; nécessite une intervention chirurgicale ; ne protège pas des IST. |
| Contraception d’urgence | Retarde ou empêche l’ovulation après un rapport à risque. | Permet de réduire le risque de grossesse après un rapport non protégé. | Ne constitue pas une méthode contraceptive régulière ; efficacité limitée dans le temps ; ne protège pas des IST. |
Pour aller plus loin je vous conseille les livres Troubles Hormonaux, reprenez le pouvoir, Guénaëlle Abéguilé et Pilule ou pas pilule de Dr Bérengère Arnal-Morvan.
Il n’existe pas de « meilleure » contraception universelle. La méthode idéale est celle qui correspond le mieux à votre état de santé, votre mode de vie, vos préférences personnelles et votre projet de vie. N’hésitez pas à en discuter avec un professionnel de santé afin de faire un choix éclairé.
Les méthodes naturelles d’observation du cycle
Ces méthodes reposent sur l’identification de la période fertile du cycle menstruel. Il en existe plusieurs
| Symptothermie | Méthode Billings | La méthode Creighton – Fertility Care | La méthode MAMA
Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée |
| Méthode la plus complète et la plus étudiée scientifiquement, et notamment la méthode Sensiplan.
Elle repose sur l’observation quotidienne de – La température basale – L’observation de la glaire cervicale – Parfois la palpation du col |
Basée uniquement sur la glaire cervicale. | Dérivée de Billings, mais standardisée et codifiée avec un système précis de notation de la glaire.
Cette méthode est souvent couplée à la NaPro Technology. |
Méthode spécifique à la période post-partum.
Elle repose sur 3 critères simultanés : – Allaitement exclusif (pas de biberon) – Aménorrhée persistante – Moins de 6 mois après l’accouchement
Si ces 3 conditions sont réunies, l’efficacité est de 98-99%. Dès qu’un critère disparaît, une autre méthode doit prendre le relais |
Parce que la méthode Sensiplan est la plus validée d’un point de vue scientifique, c’est cette méthode dont je souhaite vous parler.

La symptothermie n’est pas la méthode Ogino. Contrairement à la méthode du calendrier, qui repose sur des calculs statistiques, la symptothermie s’appuie sur l’observation quotidienne de biomarqueurs biologiques (glaire cervicale et température basale), ce qui explique sa bien meilleure fiabilité.
Qu’est-ce que la symptothermie ?
La symptothermie est une méthode d’observation du cycle qui permet d’identifier avec précision les périodes fertiles et infertiles de la femme.
Elle repose sur l’observation quotidienne de plusieurs signes biologiques :
- La température corporelle au réveil (température basale).
- Les modifications de la glaire cervicale.
- Parfois certains signes secondaires (position du col de l’utérus, douleurs ovulatoires, sensations vulvaires).
Le terme « symptothermie » vient de la combinaison des mots symptômes et température.
L‘objectif est de déterminer précisément la fenêtre de fertilité au cours de chaque cycle.
Comment fonctionne la symptothermie ?
La glaire cervicale
La glaire cervicale est parfois confondue par les femmes par des pertes qu’elles pensent anomales. Or, cette glaire est un élément crucial, permettant soit de bloquer le passage des spermatozoïdes, soit à l’inverse favorise leur survie et les guide jusqu’à l’ovule.
Sous l’influence des hormones, la glaire produite au niveau du col de l’utérus change d’aspect au cours du cycle.
Pendant la période fertile, elle devient :
- transparente,
- abondante,
- glissante,
- élastique, évoquant parfois le blanc d’œuf cru.
Après l’ovulation, sous l’effet de la progestérone, elle devient généralement plus épaisse, collante ou disparaît.
Pour en savoir plus sur la glaire, je vous invite à visualiser la photothèque d’Emancipée.
La température basale
Après l’ovulation, la sécrétion de progestérone entraîne une légère augmentation de la température corporelle, généralement comprise entre 0,2 et 0,5 °C.
La prise quotidienne de la température permet donc de confirmer que l’ovulation a bien eu lieu.
L’association de ces deux paramètres améliore considérablement la fiabilité de la méthode.

La symptothermie est-elle efficace ?
Question qui revient toujours (et à juste titre) ! Oui, lorsqu’elle est correctement apprise et rigoureusement appliquée.
Les études montrent qu’en utilisation optimale, certaines méthodes symptothermiques atteignent une efficacité comparable à celle de nombreuses méthodes contraceptives modernes, avec un taux d’efficacité supérieur à 99 %.
Cependant, cette efficacité dépend fortement :
- de la qualité de la formation initiale ;
- de la régularité des observations ;
- du respect des règles d’interprétation ;
- de la motivation du couple.
Une utilisation approximative ou autodidacte peut diminuer significativement son efficacité.
Indice de Pearl
L’efficacité des méthodes contraceptives est souvent exprimée à l’aide de l’indice de Pearl. Il s’agit d’un indicateur scientifique qui permet d’évaluer le nombre de grossesses survenues pour 100 femmes utilisant une méthode contraceptive pendant un an. Plus cet indice est bas, plus la méthode est efficace.
On distingue généralement deux valeurs :
- l’efficacité en utilisation parfaite (lorsque la méthode est utilisée sans erreur) et
- l’efficacité en utilisation courante, qui reflète la réalité du quotidien avec ses oublis ou imprécisions.
Cet outil permet ainsi de comparer objectivement les différentes méthodes contraceptives entre elles, qu’elles soient hormonales, mécaniques ou naturelles, et d’aider à faire un choix éclairé en fonction de son mode de vie et de son niveau de contrainte acceptable.
Ci-dessous un tableau présentant l’indice de Pearl des différents moyen de contraception (source : Contraception et interruption de grossesse)
| Taux de grossesse au cours de la 1ère année (pour 100 femmes) | ||
| Méthode de contraception | Utilisation théorique parfaite | Telle qu’utilisée en pratique |
| Sensiplan | 0.4 | 1.80 |
| Contraceptifs oraux (pilule) combinés | 0.3 | 8 |
| Pilule avec progestatif seul | 0.3 | 8 |
| Stérilet (DIU) hormonal | 0.2 | 0.2 |
| Stérilet (DIU) en cuivre | 0.6 | 0.8 |
| Implant | 0.05 | 0.05 |
| Anneau vaginal | 0.3 | 8 |
| Préservatif masculin | 2 | 15 |
| Retrait | 4 | 27 |
Comment se former à la symptothermie ?
Une formation est fortement recommandée. En effet, la symptothermie ne consiste pas simplement à utiliser une application ou à suivre un calendrier.
L’interprétation correcte des observations repose sur des règles précises qui nécessitent un apprentissage. Ensuite, il faut seulement de la pratique, un thermomètre précis à 0.2 décimale (ex ICI) et un calendrier de suivi à compléter avec un craon (à télécharger ICI)
Formée à la méthode Sensiplan, je peux vous accompagner dans votre parcours. N’hésitez pas à prendre RDV.
Conclusion
La symptothermie est une méthode naturelle, scientifique et sans hormones permettant d’identifier les périodes fertiles du cycle féminin. Lorsqu’elle est correctement apprise et appliquée, elle constitue une option contraceptive fiable.
Au-delà de son intérêt contraceptif, elle offre selon moi également une formidable opportunité de mieux comprendre le fonctionnement de son cycle menstruel (et donc de soi!).
Comme pour toute méthode contraceptive, il est important de choisir une approche adaptée à sa situation personnelle. Si vous hésitez ou que vous souhaitez vous lancer, n’hésitez pas à me contacter.
Ressources
- Emancipées – Maitriser son cycle menstruel au naturel
- Livre Troubles Hormonaux, reprenez le pouvoir, Guénaëlle Abéguilé
Vous aimerez aussi
Le protocole AIP
juin 22, 2021
Patate douce rôtie
avril 3, 2020