Les 1060 premiers jours

Vous avez peut-être déjà entendu parler de l’importance des 1000ers jours de notre vie. Ces 1060 premiers jours de notre vie sont extrêmement importants, et vont, en quelque sort, dicter notre santé.

Les 60 jours ajoutés représentent la période de pré-conception. Nous ne sommes pas encore nés, mais l’alimentation, l’hygiène de vie et l’environnement dans lequel évoluent les deux parents vont influencer la « qualité » de la fécondation. Ces facteurs auront un impact sur la qualité de l’ovule et du spermatozoïde, ainsi que de la chance qu’ils auront à se rencontrer. Vient ensuite les 9 mois de grossesse et les 2ères années de la vie.

 

La période pré-conception

On l’évoque peu et pourtant, l’alimentation de l’homme et de la femme est importante pour la reproduction. Les études démontrent que certains déficits nutritionnels, ainsi que le mode de vie et les habitudes alimentaires des futurs parents, ont directement un impact sur la présence et la « qualité » des spermatozoïdes et des ovules.

Aussi, se préparer à avoir un bébé passe aussi dans l’assiette !

 

 

La grossesse

Quand on est enceinte, manger sainement, en adéquation avec ses besoins est primordial. Il ne faut pas manger deux fois plus, mais deux fois mieux.

Le fœtus est « est le parfait parasite ». Tel un virus il va prendre tout ce qui lui est nécessaire pour son développement au détriment de son hôte : sa mère. Cependant, cela n’est vrai que jusqu’à un certain point. Si la femme enceinte présente des déficits nutritionnels, des conséquences plus ou moins graves : naissance prématurée de l’enfant avec les complications qui s’en suivent.

 

Les études le prouvent : l’environnement dans lequel vit la future mère ainsi que son état nutritionnel a un impact sur l’expression épigénétique de l’enfant.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la privation de nourriture a induit de nombreuses fausses-couches, des enfants morts-nés ou des malformations congénitales. En règle générale, les enfants conçus à cette époque avaient un poids de naissance plus bas. Les conséquences d’une pauvre nutrition, mais aussi d’une exposition aux toxines durant la grossesse peuvent suivre l’enfant pendant des années.

Les besoins en nutriments pour supporter une croissance adéquate au fœtus sont bien plus importants que l’augmentation de l’apport énergétique/caloriques de la mère.

Les aliments dont la mère est allergique seront bien sûr à éviter, mais le ceux dont le père est allergique devront être consommés pour augmenter la tolérance de l’enfant.

 

 

La « construction » du microbiote

Contrairement à ce que l’on a cru pendant plusieurs années, le tube digestif du fœtus n’est pas stérile. Aussi, le microbiote de l’enfant est déjà influencé avant sa naissance par le microbiote de la mère.

La naissance est déterminante : par voie basse, notre microbiote sera peuplé par les microbes du vagin de la mère, les souches Lactobacillius seront prédominantes. Par césarienne, les microbes vivant sur la peau de du ventre de la mère, puis des mains du personnel soignant seront la base du microbiote, soit des souches de type Staphylococcus.

Les enfants nés par césarienne ont :

  • 5 plus de risque de développer une allergie
  • Le risque de TDAH est multiplié par trois
  • Le risque d’autisme est multiplié par deux
  • Le risque de maladie cœliaque augmenté de 80%
  • Le risque de devenir obèse à l’âge adulte augmente de 50%

Attention, les césariennes sont parfois nécessaires et sauvent des vies. Ne culpabilisez pas. L’allaitement, le recours aux antibiotiques uniquement lorsque cela est nécessaire, un régime alimentaire varié, composé majoritairement d’aliments bruts, la nature (les enfants des campagnes ont un microbiote plus diversifié que ceux des villes)… pourront « contrebalancer » la naissance par césarienne.

De plus, il est couramment pratiqué dans les pays anglo-saxons de badigeonner le bébé d’un coton tige que l’on aura déposé quelques secondes dans le vagin de la mère au préalable. Cela peut vous paraitre dégoutant, et pourtant, cette pratique est très bénéfique pour le bébé!

 

 

L’allaitement joue ensuite un rôle déterminant dans la composition de notre microbiote, et donc, dans la régulation de notre système immunitaire. Le lait maternel est l’alimentation la plus adéquate pour l’enfant. Riche en oligosaccharides, le lait maternel est une véritable source de probiotiques.

La composition du lait évolue au fil des semaines, en adéquation avec les besoins de l’enfant. Même au cours de la tétée, le lait sera plus ou moins concentré. La nature est bien faite n’est-ce pas ?

 

 

La diversification alimentaire

Vers l’âge de 6mois, la période de diversification alimentaire commence. Petit à petit, l’enfant va consommer des aliments nouveaux. Cette période peut être compliquée car certains aliments sont à introduire un peu plus tard, sans compter des caprices de l’enfant.

Certaines études montrent que les enfants nés d’une mère ayant eu une alimentation plus variée au cours de la grossesse seront « moins difficiles ». Le placenta n’étant pas hermétique aux « saveurs », l’enfant serait plus familier à une alimentation riche et diversifiée.

Il est important de proposer à l’enfant un panel d’aliment. Plus son alimentation sera variée et colorée, plus riche elle sera en nutriments, oligo-éléments et antioxydants. Les fibres alimentaires contribueront au bon développement du microbiote.

 

 

Il faudra aller au rythme de votre bébé et introduire qu’un aliment à la fois. Il est bénéfique de continuer l’allaitement, bien que cela puisse s’avérer difficile avec la reprise du travail.

 

 

La suite

Les vaccins, les traitements antibiotiques, le contact avec d’autres enfants ou des animaux… et bien sûr l’alimentation auront une influence sur l’expression des gènes de l’enfant, sur le développement de son microbiote et sur son système immunitaire.

 

 

Conclusion

La qualité et la quantité de l’alimentation au moment du développement de l’œuf, puis du fœtus, ensuite de l’enfant, puis à son âge adulte influencera le développement d’éventuelles maladies chroniques. Ce concept est connu sous le nom de maladies d’origines fœtales ou develomental origins of health and disease (DOHaD).

Donnez le meilleur début dans la vie possible à votre enfant grâce à l’alimentation. En cette période particulière où vous avez surement déjà beaucoup à penser, je ne peux que vous inciter à vous faire aider par des professionnels de santé.

 

 

Sources & lectures:

  • L’intestin au secours du cerveau, Dr David Perlmutter
  • Krause’s, Food & The Nutrition Care Process, L.Kathleen Mahan & Janice L.Raymon, 14th edition

 

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